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Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mardi 9 avril 2019 à 15h36min
Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

Tout va vite dans cette étape de passage à la barre des victimes du putsch. Plus d’une dizaine de victimes entendues en une heure. Après confirmation à la barre de sa volonté de se constituer partie civile, chaque victime est ensuite invitée à relater les circonstances des faits.

Des propos, il ressort, entre autres, que si certaines ont été victimes de "balles perdues", d’autres par contre ont été "tirées à bout portant". Dans ce dernier cas, on retrouve par exemple cet étudiant en réseau informatique et télécommunications, qui a, dans la matinée du 17 septembre 2015, reçu deux balles au niveau de la cuisse gauche, alors qu’il se trouvait parmi des manifestants contre le putsch, entre le stade municipal Joseph Issouf Conombo et la cour du Mogho Naaba.

"J’ai été tiré à bout-portant au niveau de la cuisse. On était à environ dix mètres de ceux qui ont tiré, donc ce n’était pas des tirs de sommation", précise la victime en réaction à des questions de précision du parquet militaire. Ce jeune qui porte les séquelles, car boitillant, explique également les douleurs auxquelles il fait face au quotidien. "Depuis lors, quand je m’assois pendant longtemps, mon pied s’enfle", confie-t-il à la barre.

Parmi les passages, on retient également celui de ce professeur certifié de français du nom de P. S. De son récit, il ressort que tout lui est arrivé en cette journée de 17 septembre 2015, lorsque de Tampouy, il a voulu se rendre au Lycée Philippe Zinda Kaboré (sis centre-ville).

Après maintes acrobaties et déviations (les voies menant au centre-ville étant quasiment occupées par les militaires putschistes qui voulaient empêcher tout regroupement à la Place de la nation), l’enseignant réussi néanmoins à se frayer un chemin pour poursuivre sa route jusqu’aux alentours du rond-point des Nations-Unies (non loin de sa destination).

Mais, il constatera au même moment, qu’il est suivi par un véhicule de putschistes, jusqu’à la bretelle de sortie entre les deux stations à essence en face du rond-point. Paniqué, il descend de sa moto puis se met à genoux. L’un des occupants descend du véhicule et tire sur lui (il estime la distance entre lui et le tireur à 20 à 25 mètres). La balle atteint son avant-bras gauche. "Ceux qui étaient dans le véhicule n’étaient pas cagoulés, mais je ne les connais pas. Mais celui qui est descendu pour tirer était cagoulé", a-t-il précisé à la question de savoir s’il reconnaît les auteurs.

Après son récit, et avant de quitter la barre, la victime a demandé la permission au président du tribunal pour "signaler un fait" qui, visiblement, le tenait à cœur. En effet, et selon ses propos, la victime qu’il est, aurait pu être tué si l’un des éléments n’était pas intervenu en contre-balançant un autre coup de feu qui le visait (il aurait dévié la main de celui qui a tiré). Ce ’’bienfaiteur"aurait ensuite demandé à ce qu’on le laisse. Pour P.S, il était important de signaler ce fait "pour dire aussi que tous les éléments au RSP n’étaient pas animés d’un esprit de mal".

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Vos commentaires

  • Le 9 avril à 15:57, par Ka En réponse à : Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

    A toutes celles ou ceux qui ont subi physiquement les atrocités de ces éléments du RSP : Je compati pour celles ou ceux qui ont passés par là au moment du coup d’état a la maternelle : Qu’ils aient le courage de supporter et essayer d’oublier. Ce qui est sûr, après le verdict de ce jugement, le peuple et notre histoire retiendront de ces éléments criminels que ce sont des vulgaires sicaires, leur véritable identité.

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  • Le 9 avril à 16:17, par Nabiiga En réponse à : Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

    La hiérarchie militaire, a-t-elle donné l’ordre de tirer sur les civiles ? Non et non !

    La hiérarchie militaire a-t-elle été impliqué dans des préparatifs pour tirer sur des civiles ? Sinon, doit-on mentionné son nom au procès ? Non et non

    Le RSP, était-il au service du peuple sur qui il tirait ? Sinon, quelle aberration de soutenir que le RSP était créé pour défendre le peuple ?

    Pourquoi les autres frères d’armes n’ont pas été vu en train de tirer sur les civiles ? N’est-ce pas parce qu’ils n’avaient rien à faire avec le coup d’état ?

    Punissons-les et vite !!!

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  • Le 9 avril à 18:00, par warzat En réponse à : Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

    Chez nous ’’il est dit qu’un seul âne a mangé la farine et tous les ânes ont la gueule blanchie’’. Autrement, les gens savent que ce n’est pas tous les gars du RSP qui étaient mauvais. Il y avait des gens biens dans le RSP. Cependant les brebis galeuses l’ont emporté, si fait qu’elles ont fait fuir leur géniteur de Kosyam en 2011, bien avant l’insurrection. Dieu seul sait pourquoi, il a fait des chefs et des subalternes. Quand le sergent commande le capitaine, c’est ce qui arrive. Ce n’est pas seulement dans l’armée parce qu’on a vu des cas d’infirmiers qui refusent d’obéir à leur médecin chef, des élèves et étudiants qui dictent leur loi aux enseignants. Le Général l’apprendra à ses dépens, vous avez formé des gens qui privilégient l’argent au serment. Ils prennent donc l’argent et se rendent, au lieu de partir et refuser l’argent. Ailleurs, on continue de toucher son salaire et on ne bosse pas. Voyez ce que l’impunité a produit et produit comme effet dans notre pays.

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  • Le 9 avril à 22:03, par Dedegueba Sanon En réponse à : Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

    Kossyam ? Hé ! Kossyam ? Ils furent finalement combien à avoir lorgné le fauteuil que Blaise devait "normalement" laisser, pour une retraite dorée à Ziniaré, que des griots opportunistes ont propulsé en chef lieu de région pour lui faire plaisir ?
    Tout notre drame découle de cette succession mal gérée du " trône ".
    Permettez que je me fasse passer pour un samo pour dire : "mossi avec leur histoire de naam, c’est pas la peine quoi" ??
    Tout part de la nature même du pouvoir de Blaise. On dit : pouvoir "militaro civil ", c’est à dire des militaires arrivent au pouvoir par la force ( coup d’État), ils se font "accompagner", par des civils acquis à leur cause, et depuis pratiquement trente ans c’est cette logique du pouvoir que nous vivons.
    Moi je n’ai connu que Maurice le père de Hermane comme président civil, jusqu’à la transition avec Michel puis Roch. Donc trois civils pour cinq militaires. A la réflexion on doit une fière chandelle à Moukila, dans une certaine mesure. Car si Moukila ne s’était pas vu en successeur potentiel de son frère, Blaise aurait passé la main soit à Golf soit à Djiby, et nous aurions toujours un militaire comme président.
    D’ailleurs lors de l’insurrection, il s’est passé un jeu de poker menteur incroyable sur le pouvoir laissé vacant par Blaise. A un moment donné on avait trois présidents, Blaise qui n’avait pas encore démissionné, le CEMGA qui faisait passer un communiqué, et Zida qui avait " le fusil" pointé sur le CEMGA, mais agissant pour le compte de Golf.
    J’imagine que Golf a dû dire à son patron : " chef, c’est hors contrôle, c’est mieux de partir le temps que je maîtrise la foule, après vous allez revenir. Même s’il avait une autre idée derrière la tête. Qui est fou avoir le naam et le donner cadeau ? Il l’a fait un 15 Octobre, mais a dû vivre dans l’ombre plus de 27 ans, et ne va certainement pas refaire cette " bêtise ", surtout avec la femme qu’il a à la maison ?
    Gjibryl, lui très tôt a compris que les carottes etaient cuites pour Blaise, mais il ne veut pas que Golf le double pour la succession de Blaise. Il fait donc une " trahison calculée " du dispositif de répression prévu pour contrer les insurgés, puis créé un parti et se prépare pour les éventuelles élections.
    Chaque prétendant verra finalement son plan contrarié, pour laisser émerger un " outsider" en la personne de Roch, exactement comme l’avait prédit feu Norbert Zongo.
    Je me résume, le peuple dit non à Blaise, mais en fait non à son frangin, Blaise est contraint de lâcher prise, mais Golf envoie Zida contrer le CEMGA, qui n’a pas vraiment l’étoffe pour la fonction, au passage on "rafale" Lougue qui était réclamé par la foule. Finalement Zida change la donne en s’affranchissant de son mentor, puis derrière il y a la disqualification du parti de Djybi, qui était truffé de "prorévision de l’article 37". Djybi est donc contrarié à son tour dans sa stratégie pour accéder à Kossyam, finalement il se rapproche de son camp originel, pour "cafouiller" la transition qui a compromis aussi bien ses ambitions que celles de Golf. Un vrai cafouillage, malheureusement avec des innocents qui payent de leurs vies, et des soldats instrumentalisés qui se "cherchent" devant les juges aujourd’hui.
    C’est pourquoi je dis que notre pays est vraiment béni car Dieu nous a épargné de devoir subir des gens sous prétexte d’être riches (argent sale du reste), étaient prêts à tout pour arriver au pouvoir.
    Toute cette histoire aura au moins le mérite de disqualifier le putsch, comme moyen pour arriver au trône. Au moins le cycle de la violence politique aura pris fin, c’est en tout cas ce que j’espère.
    Et virtuellement en 2020 nous aurons un président probablement civil. Et ça c’est un progrès, car des familles ne seront pas endeuillées pour un pouvoir d’autrui, les rancunes naissent de ces violences politiques.

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  • Le 10 avril à 10:30, par Le réaliste En réponse à : Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

    Ce n’est pas l’état civil ou militaire du Président qui est notre problème. Notre loi fondamentale n’interdit aucun citoyen Burkinabè (civil ou militaire) d’être Président. Nous avons seulement besoin d’un vrai Burkinabè réaliste pour pacifier le pays en restaurant l’autorité de l’Etat que des civils et des militaires ont échoué à faire jusqu’à présent. En effet, il faut reconnaitre que l’incivisme qui a entrainé l’anarchie actuelle dans notre pays et le changement gravement négatif de mentalité de plusieurs de nos concitoyens, a été planifié, cultivé et entretenu également par des civils et des militaires du Burkina guidés par des intérêts inavoués, égoïstes, donc fait à dessein par ceux-ci. Beaucoup sont encore là.
    Après l’insurrection, ces mêmes politiciens véreux ont savamment utilisé le citoyen lambda en l’instrumentalisant à sortir réclamer forcément un civil au pouvoir, tout en sachant qu’il fallait plutôt faire restaurer l’ordre par l’Armée avant de passer le trône aux civils. Dans la même logique, le Président élu est également amené à faire des déclarations de rejet de l’Armée dans le Gouvernement malgré ce besoin incommensurable de faire régner l’ordre par celle-ci. Nous voilà aujourd’hui. Dans quel pays d’Afrique l’Armée est tant désavouée actuellement par un Président soit disant élu ?
    On attendra de voir donc !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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  • Le 10 avril à 15:08, par Kogozanga En réponse à : Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

    Degueba Sanou a tout dit !!! Bravo pour ton analyse. Il faut ajouter que le RSP était une troupe d’occupation en territoire conquis qui échappait a tout contrôle républicain. Ni Blaise ni Golf ne contrôlait ce monstre sorti de leur laboratoire. Avec la dissolution de ce machin , on peut dire que la transition a été bénéfique pour notre pays. Certes le triple saut de Zida nous a tous déçu. Mais que peut on attendre d’un individu totalement fabriqué par le système. Fort de ses millions de CFA volés au peuple il s’est inscrit dans ce qu’il sait faire le mieux : La délation, la trahison, la roublardise et le faux. Heureusement le peuple burkinabé est vigilant. De son exil forcé il est certainement entrain de préparer un autre coup par le biais d’aboyeurs inconscient s qui ne recherchent que leur pitance journalière.

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  • Le 11 avril à 03:33, par Mechtilde Guirma En réponse à : Procès du putsch du CND : P.S, ce professeur de français sauvé grâce à un autre élément du RSP !

    « Il faut ajouter que le RSP était une troupe d’occupation en territoire conquis qui échappait a tout contrôle républicain. Ni Blaise ni Golf ne contrôlait ce monstre sorti de leur laboratoire ».

    C’est dommage qu’on n’ait pas publié mon post. En effet Kogozanga, ce que vous dites ne fait que confirmer ma thèse. Jusque là, le procès ne s’est tablé que sur le bouc émissaire sur lequel « on » devrait charger « tous les péchés d’Israël ». Je sais quant à moi, lorsque j’étais encore à Ouaga, qu’il y avait, m’avait-on révélé, un groupe très proche de Blaise, qui décidait des exécutions. Moi, encore une fois, je peut l’affirmer : « je l’ai échappé belle ».

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