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Burkina : Gouvernement et bailleurs de fonds évaluent les performances des projets et programmes

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo • mardi 2 avril 2019 à 16h25min
Burkina : Gouvernement  et bailleurs de fonds évaluent les performances des projets et programmes

La revue conjointe des portefeuilles des projets et programmes financés par la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole, s’est tenue ce mardi 2 avril 2019, à Ouagadougou . La rencontre est placée sous le thème : « L’application du nouveau décret sur la gouvernance des projets et programmes de développement au Burkina Faso : défis et perspectives ».

Cadre privilégié d’appréciation des performances des projets et programmes, la présente revue conjointe de portefeuilles entre le gouvernement burkinabè et ses trois partenaires techniques et financiers que sont la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole , s’inscrit dans le cadre de la quatrième année de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social( PNDES).

En effet, souligne le représentant résident de la Banque mondiale au Burkina, Cheik Kanté, la mise en œuvre des recommandations de la revue de novembre 2017 s’est effectuée dans un contexte marqué par l’adoption de la nouvelle règlementation sur les projets et programmes dont l’objectif était l’appropriation des procédures et

la rationalisation des dépenses courantes au profit des dépenses d’investissement. Jugé unique dans l’histoire du Burkina Faso, ce contexte, selon le représentant des PTF, Cheik Kanté, a été marqué par l’insécurité et les remous sociaux, en l’occurrence des revendications et des grèves répétitives.

La conséquence, ce sont des répercussions négatives sur la mise en œuvre de certains projets et programmes de développement. D’où la présente rencontre, selon lui, pour examiner l’ensemble des défis restants, ainsi que les nouveaux qui bloquent une absorption accrue des ressources des trois institutions de développement qui ont donné des engagements fermes lors de la conférence de Paris pour soutenir la mise en œuvre du PNDES .

Ces projets qui rencontrent des difficultés

« Globalement, notre appréciation est positive et cette rencontre vise à faire une analyse sans complaisance », a indiqué Cheick Kanté, à propos de l’exécution des projets et programmes par le gouvernement burkinabè.

Au 28 février 2019, selon le ministre en charge de l’Economie et des finances, Lassané Kaboré, le portefeuille actif des trois partenaires techniques et financiers se chiffrait à 1 787, 033 milliards de francs CFA contre un montant global de 1 327, 387 milliards de francs CFA lors de la revue conjointe de novembre 2017. Et ce sont au total, 45 projets et programmes dont 34 nationaux et 11 régionaux. Il s’agit notamment de 27 projets financés par la Banque mondiale, 16 financés par la BAD et deux financés par le FIDA.

Quant aux taux de décaissements, ils s’établissaient à 41, 4% pour la Banque mondiale contre 45,7% précédemment ; 46, 42% pour la BAD contre 42% à la précédente revue conjointe ; 25 ,6% pour le FIDA contre 16, 37 % en 2017.

En dehors de ces taux de décaissement, indicateurs retenus comme mesure de performance, le ministre Lassané Kaboré soutient que ces dernières années ont vu le démarrage de projets avec des financements importants, exprimant ainsi la volonté des différentes parties à réaliser les projets qui répondent aux besoins exprimés par les populations. Certes, des acquis ont été engrangés dans l’exécution des projets, mais Lassané Kaboré reconnait qu’un certain nombre de projets et programmes font face à des difficultés qui impactent négativement leur performance.

Il s’agit notamment des questions agraires, foncières et celles relatives aux sauvegardes environnementales et sociales, la faiblesse des ressources dédiées à la préparation des projets. A cela, s’ajoute la faible capacité des entreprises prestataires à exécuter convenablement les travaux et les services qui leur sont confiés, la mise à disposition tardive ou l’insuffisance des ressources financières et les questions sécuritaires qui impactent négativement l’exécution des projets dans certaines zones.

Une nouvelle règlementation pour rationaliser les unités de gestion

Interpellant les participants sur le thème de la présente rencontre, le représentant résident de la Banque mondiale au Burkina note que les PTF et le gouvernement vont axer les réflexions sur les implications de cette nouvelle règlementation sur les projets et programmes. Cela intervient notamment dans la mise en vigueur des accords de financement, la dématérialisation du processus de passation des marchés publics et du suivi de l’évaluation des projets et programmes. Et le ministre en charge des finances de rappeler que dans le cadre de cette nouvelle règlementation , il est prévu désormais que les projets naissent au sein des programmes budgétaires qui disposent d’une seule unité de gestion et d’un seul comité de revue.

Aussi, dit-il, les projets doivent allouer 85% des ressources aux investissements. Et moins d’une année après la mise en œuvre de ladite règlementation, le ministre Lassané Kaboré admet qu’il existe des difficultés liées à une lenteur dans la mise en place de dispositifs adéquats et la non-maîtrise de certaines dispositions et règlementations par plusieurs acteurs. Toutefois, il rassure qu’une évaluation de la mise en œuvre de la règlementation sera faite en vue de procéder aux corrections de certaines dispositions de la règlementation.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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