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Procès du putsch du CND : Trois témoins déchargent le sergent Sawadogo Nobila

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | • vendredi 15 mars 2019 à 14h05min
Procès du putsch du CND : Trois témoins déchargent le sergent Sawadogo Nobila

Trois témoins ont été entendus ce vendredi 15 mars 2019, par le tribunal militaire entre 9h et 12h. Il s’agit de Sawadogo Konsamyouré dit « Salam », de Mme Sawadogo Ruffin, tous deux employés de commerce, et du sergent Yonli Jean. Leur témoignage semble décharger le sergent Sawadogo Nobila, accusé dans le cadre du procès du putsch de 2015.

Premier appelé à la barre, Sawadogo Konsamyouré dit « Salam » s’est exprimé en langue mooré. Cousin de l’accusé, sa déposition s’est faite sans prestation de serment, mais a nécessité l’intervention d’un interprète, rôle assuré par l’appariteur.

Le témoin a déclaré avoir reçu la visite du Sergent Sawadogo Nobila, le 16 septembre 2015, aux environs de 10h, pour discuter des préparatifs des funérailles de son père. La visite terminée, le sous-officier, souhaitant acheter des fournitures scolaires pour ses enfants au village, s’est vu recommander Mme Sawadogo Ruffin.

Me Toé Flore, conseil de l’accusé dit avoir demandé la déposition de M. Sawadogo Konsamyouré, parce qu’il ressort des déclarations du caporal Da Sami, devant le juge d’instruction, que son client faisait partie du Commando qui a procédé à l’arrestation des autorités de la transition.

Elle a également noté que le caporal lors de son passage à la barre, était revenu sur ses déclarations en déclarant que le Sergent Sawadogo Nobila ne faisait pas partie du Commando mais qu’il a fait partie de l’escorte du Général Diendéré qu’à partir du 17 septembre. Me Toé Flore a également avancé que son client n’est arrivé à la présidence qu’aux environs de 17h.

Avant la fin de sa déposition, Sawadogo Konsamyouré dit « Salam » a indiqué au tribunal avoir appelé son cousin en lui demandant de quitter l’escorte du Général Diendéré mais celui-ci aurait répondu que ce serait difficile.

Deuxième témoin appelé à la barre, Mme Sawadogo Ruffi, celle là même qui a vendu les fournitures au sergent Sawadogo Nobila entre 12h et 13h. Elle a confié qu’à l’arrivée de Nobila « son mari », ( terme employé pour signifier que l’accusé et le conjoint du témoin sont issus du même village), elle ne disposait pas de toutes les fournitures. Elle s’est rendu donc au marché du 10, pour en chercher. A son retour, Sawadogo Nobila lui aurait dit d’emballer les fournitures, le temps qu’il aille chercher des pneus, afin d’envoyer le tout au village. Sans être précis, le témoin a indiqué au tribunal que l’accusé est reparti entre 14h et 15h.

Selon Me Toé Flore, c’est la preuve, une fois de plus que son client ne faisait pas partie du Commando qui a interrompu le conseil des ministres entre 13h et 14h. Sa conviction se précise lorsque l’Adjudant chef Moussa Nébié dit « Rambo », qui avait déclaré devant le juge d’instruction que le sergent Nobila faisait partie de l’escorte qui est allée chercher le Général Diendéré après la prise d’otages, est revenu sur ses propos. Lui aussi est catégorique : le Sergent Sawadogo Nobila n’a intégré l’escorte du Général qu’à partir du 17 septembre et pas avant.

Méfiant, le parquet a demandé au président du tribunal de prendre la déposition de Mme Sawadogo Ruffin avec des pincettes car selon lui elle serait une supportrice de l’accusé, au regard des liens qui pourraient lier ce dernier à son époux.

Ces observations du parquet ont fait réagir Me Mathieu Somé qui estime que l’accusation s’engouffre dans des propos dangereux en demandant au tribunal de prendre un témoignage avec des pincettes sans apporter la moindre preuve.

Quand au dernier témoin, le Sergent Yonli Jean, il a déclaré qu’il se trouvait à son poste à la villa Alaska, le 16 septembre, lorsqu’aux environs de 9h, des serveurs sont arrivés pour faire le point du matériel à la cuisine du palais. « On est rentré par l’aile Est du palais. J’étais avec eux. Ils ont travaillé jusqu’à 13h. On a ensuite fait le tour jusqu’à la piscine où ils ont débarqué le matériel. Et vers 14h, j’ai vu plusieurs militaires en tenue. J’ai demandé aux serveurs d’arrêter le travail et qu’on les appelerait. Et j’ai rejoint mon poste », a relaté le témoin avant souligner qu’il a reçu un appel téléphonique du Sergent Sawadogo vers 15h lui demandant ce qui se passait au camp. Il lui aurait alors dit de rentrer car le major Badiel Éloi demandait aux soldats de rejoindre le camp. Sur insistance des avocats de la partie civile, le témoin dira que l’accusé est arrivé à 17h au poste. « Sur quoi vous vous fondez pour dire qu’il est arrivé à 17h ? », demande Me Neya Ali. A cette question, le témoin répondra qu’il a regardé à sa montre.

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