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Députée Elise Foniyama Ilboudo/Thiombiano : « Les gens pensent que la politique, ce sont des intrigues »

Accueil > Actualités > Portraits • LEFASO.NET | Edouard K. Samboé • vendredi 14 décembre 2018 à 17h00min
Députée Elise Foniyama Ilboudo/Thiombiano : « Les gens pensent que la politique, ce sont des intrigues »

Regard fixe, démarche majestueuse et dynamique, Elise Foniyama Ilboudo/Thiombiano fait partie des femmes technocrates de la septième législature. Pourtant, rien ne semblait la prédisposer à cette posture. Mais aujourd’hui, elle siège au parlement sous la bannière du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), pour le compte de la province du Gourma. Portrait.

« Je suis un intellectuel », peut-on lire dans « Les Mandarins » de Simone de Beauvoir. De tels propos, Elise Foniyama Ilboudo/Thiombiano peut s’en attribuer. Cependant, elle semble moins jouer la pédante. Est-ce de l’humilité intellectuelle ou de l’humilité maternelle ? Quoi qu’il en soit, elle n’est plus à présenter dans le cercle des enseignants chercheurs au Burkina Faso.

Maître de conférences en histoire et archéologie à l’Université Ouaga 1 Pr-Joseph-Ki-Zerbo, celle que certains de ses étudiants nomment « La femme de fer et des roches » à cause de sa descente dans des fosses lors des fouilles archéologiques, est dotée d’une grande expérience du terrain. Rétrospectivement, elle fut professeur d’histoire au secondaire et chef du département d’histoire et d’archéologie à l’Université de Ouagadougou.

Née un 26 avril 1965 à Fada N’Gourma d’un père instituteur et d’une mère ménagère, Elise Foniyama est une princesse de la famille royale des Thiombiano. « Les temps étaient durs à l’époque », se rappelle-t-elle. Pourtant, son père l’inscrit à l’école primaire. Attachée à ses valeurs culturelles, elle décrit : « J’enlève toujours mes chaussures jusqu’aujourd’hui lorsque je franchis le seuil royal ».

Elise Foniyama parcourt plusieurs localités du pays à cause des affectations fréquentes de son père. Mais elle garde à l’esprit son origine : « J’étais attachée aux miens, j’ai toujours aimé la culture de chez nous ». Entre temps, après son BEPC, elle se retrouve en seconde B, option économie au Lycée Philippe-Zinda-Kaboré à Ouagadougou. Nous sommes dans en 1986.

Mais après le baccalauréat, elle s’inscrit en Histoire avec l’objectif de connaître son pays. Devenue par la suite enseignante au secondaire, elle décide de poursuivre ses études supérieures. Toutefois, les conditions de vie étaient difficiles. Elle se rappelle : « Je devrais payer mes études avec mon salaire. Etre femme et vouloir faire les études supérieures n’était pas facile ».

Pourtant, Elise Thiombiano ne lâche pas prise. Mariée et mère de trois enfants, elle avoue que « concilier la vie de famille avec les recherches, ce n’est pas facile. Je devais aller sur le terrain avec mon bébé ». Cependant, elle a une force : « Quand je me lance, je ne regarde plus en arrière ». Dans ses études, ses recherches et sa vie de famille, elle peut compter sur son mari. « Il me soutient, je rends grâce à Dieu », avoue-t-elle. A l’époque, elle ne pensait qu’aux études, la politique était reléguée au second plan.

L’engagement en politique

Elise Ilboudo/Thiombiano était engagée dans la vie associative. « Nous suivons de près l’évolution politique nationale. Les gens n’étaient pas contents de la façon dont les choses étaient gérées », se souvient la députée. A l’époque membre de l’Association pour développement durable et intégrale (ADDI), elle côtoie Eric Bougma, le Larlé Naaba Tigré et plusieurs personnalités engagées en politique. On est à l’orée des premières constations de 2014.

Rapidement, elle est initiée aux idéologies du MPP naissant. Aux côtés des autres femmes, elle participe à l’implantation du parti. Elle participe activement aux manifestions. Au lendemain de la chute du régime de Blaise Compaoré, elle est invitée à inscrire son nom sur la liste des candidats aux législatives.

Derrière Omarou Idani, elle fait partie de la liste des femmes de l’Est à battre campagne pour que le MPP arrache des sièges de députés. Chose faite. Elle termine première suppléante et remplace Omarou Idani lorsqu’il est promu au poste ministériel après deux ans de mandature.

Pas de réconciliation sans justice

Fervente admiratrice de Thomas Sanakra, elle voit mal une réconciliation sans justice. Elle se dit opposée à une politique non-constructive. Défenseur de la cause des femmes, elle croit que l’engagement de la femme en politique est un atout pour son pays. « Il est important que les femmes compétentes soient utilisées », soutient-elle.

« Normalement, faire la politique devrait être un partage d’idées et de visions pour que nos peuples vivent mieux. Mais des gens pensent que la politique, ce sont des intrigues », regrette-t-elle. Evasive, elle continue sur un ton plus inquiétant : « Pendant que vous pensez à faire mieux, il y a des gens qui vous mettent des bâtons dans les roues. Quand vous allez vers le haut, on vous tire vers le bas ».[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Edouard K. Samboe
samboeedouard@gmail.com
Lefaso.net/ledeputemetre.net

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