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ISCOM Master class : Le journaliste Sayouba Traoré s’ouvre aux étudiants

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • jeudi 1er novembre 2018 à 23h41min
ISCOM Master class : Le journaliste Sayouba Traoré s’ouvre aux étudiants

Sayouba Traoré, l’homme de Ouahigouya qui fait chanter le coq sur les antennes de Radio France internationale (RFI), était, mercredi 31 octobre 2018, dans les locaux de l’Institut supérieur de la communication et du multimédia (ISCOM), à l’occasion d’un Master class. Deux heures durant, le journaliste et écrivain prolixe a partagé son expérience avec les étudiants qui n’ont pas été avares en questions.

Présent à Ouagadougou à l’occasion de la 15e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), Sayouba Traoré, le journaliste qui donne aujourd’hui « la parole à ceux que l’on n’entend pas d’habitude », après avoir eu « marre d’interviewer des ministres » sur les ondes de RFI, était l’invité des ISCOM Master class, mercredi. Curieux, les étudiants se sont abreuvés à la source d’un doyen qui n’était pourtant pas prédestiné au métier de journaliste.

Sayouba Traoré, journaliste, écrivain et animateur à RFI

Sayouba Traoré fait partie de cette génération où écouter la radio était un luxe que pouvaient se permettre les fonctionnaires et où Internet n’avait pas encore passé les frontières de Ouagadougou, la capitale qu’il découvre à l’âge de 11 ans. Fruit de la première promotion de l’Université de Ouagadougou en 1976, il obtient sa maîtrise en Lettres modernes quatre ans plus tard.
Mais au moment de s’envoler pour Paris, intervient le coup d’Etat du colonel Saye Zerbo, le 25 novembre 1980. Bloqué, Sayouba Traoré ne quittera Ouagadougou qu’au mois de février, soit cinq mois après le début des cours à la Sorbonne, où il y fera des études de Relations internationales.

Les étudiants attentifs pendant le récit de l’invité

« Le journaliste ne doit être l’auxiliaire de personne »

Sayouba Traoré fait également partie de la première promotion des diplômés-chômeurs. De retour au bercail, il n’intègrera pas la Fonction publique et après un cours séjour au Sahel, il retourne en France et travaille pour le journal Libération. Il mettra le pied à l’étrier en faisant de la radio.

Sayouba Traoré aux côtés du Fondateur de l’ISCOM, Dr Cyriaque Paré

Le journalisme reste pour lui un outil pour influencer la réflexion autour de soi. Pour Sayouba Traoré, il faut dissocier le journalisme de la communication. « Quand il y a un problème et que je prends une position, je suis un citoyen qui donne son point de vue. Mais ça ne m’autorise pas à tromper le lecteur. Je produis un papier d’humeur et non journalistique. Joseph Ki-Zerbo l’a dit, ‘On est soit dedans, soit dehors’. Il faut savoir ce que l’on veut. Le journaliste ne doit être l’auxiliaire de personne », explique-t-il.

De la liberté de la presse

Sur la question de la formation des journalistes, l’auteur de « Loin de mon village, c’est la brousse » souligne qu’elle doit être prise au sérieux en mettant l’accent sur l’information. Et s’il y a bien une plaie qui gangrène la presse burkinabè, c’est bien le plagiat. Sayouba Traoré a donc demandé aux étudiants de se départir de cette pratique et de la calomnie.

L’invité a posé pour la postérité avec les étudiants

Quant à la liberté de la presse, le journaliste estime qu’elle est incomplète et mal exercée, et doit de ce fait être conquise à condition que les acteurs sachent qu’ils ont également des devoirs. « Vous ne pouvez pas prendre une enveloppe dans le bureau du chargé de communication d’un parti politique et revenir parler de liberté.
Parce que c’est vous-même qui avez pris volontairement la chaîne et qui l’avez mise à votre coup. La liberté d’expression a un prix à payer et il faut être prêt à le payer », a-t-il lancé aux étudiants qui aspirent à des métiers du numérique.

Prenant la parole, le fondateur de l’ISCOM, par ailleurs fondateur du journal en ligne lefaso.net, Dr Cyriaque Paré, a dit espérer que les étudiants ont trouvé dans le parcours de l’invité des sources de motivation pour le métier de journaliste et aussi d’écrivain.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Messages

  • Courage et longue vie à vous car vous parcourez les confins de l’Afrique pour détecter les braves personnes de l’Afrique. J’aime écouter votre émission à RFI, ou vous parcourez les milieux ruraux africains. Encore bravo et longue vie à vous.

  • Bravos à vous le " coq qui chante" car pour une fois un yadega est devenu quelqu’un. Je te tire mon chapeau pour l’initiative de rencontrer les jeunes et de les donner l’amour du métier et d’aller plus loin. Tes conseils d’homme avisé leur seront d’une grande utilité. En dehors de ça je signale que tu fais beaucoup de choses dans ton pays natal le BF. Je salue en passant ta contribution pour la levée de fond au profit du CMA de Kongoussi initiée par vos maitres les Gourmantchés.

  • Je salue le Dr Cyriaque PARE pour "leur" initiative (le Faso.net) et pour l’idée d’inviter le doyen Sayouba TRAORE à échanger avec les jeunes. Pour moi, sans connaitre physiquement Mr TRAORE, c’est vraiment la race des Burkinabè encore intègres et combatifs. En effet, les position de Mr. Sayouba TRAORE très claires, très bien argumentées pendant la tentative de Blaise Compaoré de changer pour une nième fois notre Constitution ont été une véritable inspiration pour moi. J’ai beaucoup apris sur le monde contemporain en lisant ses écrits et je lui suis reconnaissant, infiniment.
    Quant à Mr PARE, que Dieu vous benisse (vous et votre équipe) tout simplement pour votre noble travail (lefaso.net).

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