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Lutte contre les mutilations génitales féminines : Sika Kaboré sollicite le concours des « femmes de tenue »

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • jeudi 9 août 2018 à 23h13min
Lutte contre les mutilations génitales féminines : Sika Kaboré sollicite le concours des « femmes de tenue »

Dans la dynamique d’une chaîne de solidarité, le Groupe d’action de lobbying et de plaidoyer, coiffé par la Première dame du Burkina, Sika Kaboré, a initié, le jeudi 9 août 2018, une journée de sensibilisation et de plaidoyer sur les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfants, auprès des « corps habillés » femmes.

Les Mutilations génitales féminines (MGF) restent une triste réalité dans 29 pays africains avec des prévalences variant entre 90 et 25%. Au Burkina Faso, indique la coordonnatrice du Groupe d’action de lobbying et de plaidoyer (GALOP), Sika Kaboré, elle est estimée, chez les femmes de 15 à 49 ans, en 2015, à 67,3%, avec tout de même une tendance à la baisse chez les enfants de 0 à 14 ans chez qui on observe un taux de 15%. Le pays s’illustre aussi négativement en ce qui concernant les mariages d’enfants. « Avec une prévalence de 52%, notre pays occupe la 5e place au niveau mondial », a déploré l’épouse du chef de l’Etat. Avec l’évolution et le développement, il est apparu que ces pratiques ont des conséquences sur la vie de la femme et de la fille comme les traumatismes physique, psychologique ; les fistules et les collapsus qui peuvent rendre les victimes définitivement stériles. Dans le pire des cas, « elles peuvent entraîner la mort ».

Composé de l’Amicale des épouses des membres du gouvernement, de la Première dame et de l’épouse du président de l’Assemblée nationale, le GALOP souhaite contribuer à cette lutte à travers un renforcement des compétences des forces de défense et de sécurité sur les MGF et les mariages d’enfants. Cela en vue d’avoir leur adhésion et leur implication dans la promotion de l’élimination de ces pratiques socio-culturelles. C’est à la Maison de la femme de Ouagadougou que commence la série de séances de sensibilisation et de plaidoyer. La cérémonie a connu la présence de quelques membres de l’association.

« En tant que femme engagée dans la promotion du maintien de la sécurité et de la paix, vous aussi, vous êtes des épouses et des mères de famille. De ce point de vue, tout ce qui touche à la femme, à la petite fille et à la famille vous touche aussi particulièrement. C’est pourquoi j’attends de vous des engagements fermes au profit du GALOP et de tous les acteurs qui œuvrent pour éliminer ses pratiques afin de promouvoir un environnement familial et aussi professionnel débarrassé de toutes les formes de violences faites aux femmes et aux enfants », s’est adressée aux participantes, l’épouse du chef de l’Etat.

Aussi nourrit-elle l’espoir de voir les corps habillés femmes mettre en application les connaissances acquises, au sortir de cette séance de formation, pour, dit-elle, « contribuer à l’atteinte de l’objectif de tolérance zéro des MGF et des mariages des enfants ».

Propos corroborés par ceux de la présidente de « Voix de femmes », Mariam Lamizana, pour qui les représentantes des forces de l’ordre et de sécurité doivent à leur tour sensibiliser leurs collègues pour que chacun comprenne le bien-fondé de la lutte et pourquoi il faut accélérer l’élimination de ces pratiques dans notre pays. Séance tenante, l’assistante de police, Barkissa Sama, a pris l’engagement solennel, au nom de ses « camarades », d’être des ambassadrices de la lutte chevronnée contre les MGF et les mariages d’enfants dans leurs corps respectifs.

Entre réprimer et sévir les auteurs des pratiques socio-culturelles, la position de Mme Lamizana est claire : « il faut réprimander les récidivistes et non les sévir ». « Le changement de comportement nécessite une patience et des actions à long terme. C’est pour ça l’approche de la sensibilisation est une arme de tous les jours et de long terme », insiste-t-elle.

Rappelant avoir fait un plaidoyer auprès des autorités judiciaires, gouvernementales pour que les dispositions juridiques en la matière soient revues.
Désormais, les amendes pécuniaires sont à la hausse. « À l’époque, c’était de 300 000 à 500 000 F CFA. Maintenant, c’est des millions », précise-t-elle. « Les peines d’emprisonnement vont jusqu’à 21. Et si la mort s’en est résultée, la peine est doublée au maximum. Il en est de même pour le corps paramédical et médical qui s’adonnera à cette pratique (…) », avant de conclure.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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