Coopération Burkina Faso-Japon-Autriche : Des fonds pour la résilience des enfants et les femmes du Sahel

dimanche 17 décembre 2017 à 21h00min

Le réseau Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) a organisé, du 7 au 9 décembre 2017 dans la région du Sahel, une caravane de presse. L’objectif était de faire le point de l’intervention des projets financés par la coopération autrichienne pour le développement et le gouvernement japonais, en faveur des jeunes et des adolescents.

Coopération Burkina Faso-Japon-Autriche : Des fonds pour la résilience des enfants et les femmes du Sahel

La région du Sahel demeure un espace fragile et vulnérable dû aux changements climatiques et à l’insécurité. Elle est également la région où des milliers d’enfants travaillent dans les mines d’or artisanales afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de la famille. C’est pourquoi, le fonds des nations unies pour l’enfance (UNICEF), à travers les soutiens du Japon et de la coopération autrichienne a mis en place les projets Ecoles de qualité des amis de l’enfant (EQAME) et SUKAKU (enfance en fulfuldé) dans ladite région, en vue de promouvoir et protéger les droits des enfants, à travers l’éducation et la réinsertion socio-professionnelle. C’est dans cette dynamique que le réseau Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) a organisé, du 7 au 9 décembre 2017 dans ladite région, une caravane de presse.

Dans le domaine de l’éducation, l’UNICEF en partenariat avec le ministère en charge de l’éducation nationale a mis en place, depuis 2015, l’approche EQAME dans le but d’améliorer la qualité de l’éducation dans la région du Sahel. « L’UNICEF a contribué, grâce à l’approche EQAME, à améliorer les résultats scolaires (80% au primaire) de la région du Sahel, à travers plusieurs activités. Il s’agit, entre autres, la réalisation des écoles, des forages et des latrines, le renforcement des capacités des enseignants », a souligné la directrice régionale de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle (DREPPNF) de la région du Sahel, Angéline Neya.

Selon elle, les résultats sont satisfaits au cours de ces cinq dernières années. « On peut se réjouir de l’évolution du niveau actuel du taux brut d’admission des cinq dernières années, qui est passé de 54,4% en 2012/2013 à 84,1% en 2015/2016. Par ailleurs, la parité au niveau du genre est presque acquise avec 54,8 % des garçons contre 51,9% des filles sont à l’école », est-elle réjouie. Angéline Neya a indiqué que ces acquis sont liés aux efforts conjugués des partenaires techniques et financiers, des organisations non gouvernementales (ONG) et des associations, à travers des campagnes spéciales de recrutement et de mobilisation organisées avec l’UNICEF et l’implication des autorités administratives, coutumières, religieuses et les leaders d’opinion.

370 EQAMES

Pour consolider les acquis, elle a invité l’ensemble des acteurs à poursuivre les efforts pour maintenir cette mobilisation sociale, en faveur du recrutement des nouveaux élèves.

Selon la directrice régionale, l’approche EQAME, mise en œuvre en 2015 dans le Sahel, est basée sur le principe du respect des droits de l’enfant, de l’inclusion, de l’équité et la participation communautaire et surtout le maintien des filles à l’école. On dénombre actuellement, a-t-elle conclu, 370 EQAMES dans la région du Sahel avec environ 40 forages réalisés par l’UNICEF.

En ce qui concerne la formation professionnelle, le Conseil danois pour les réfugiés (DRC), avec le soutien de l’UNICEF, finance, chaque année, la formation des jeunes de la région du Sahel dans plusieurs domaines à savoir la mécanique, la menuiserie, la teinture, la boulangerie et la couture. Selon le chef du projet éducation du DRC, Olivier Bassinga, 50 jeunes du camp des réfugiés de Goudebou et 150 de celui de Mentao ont bénéficié d’une formation professionnelle à l’ANPE-Sahel pour une durée de deux mois grâce aux fonds japonais et autrichiens. Après la formation, a-t-il poursuivi, chaque groupe de 5 jeunes bénéficie d’un soutien de 100 000 F CFA et d’un kit d’installation octroyés par l’UNICEF comme fonds de démarrage.

Pour le directeur régional de l’ANPE-Sahel, Emmanuel Kaboré, l’UNICEF a permis de toucher une population qui ne bénéficiait pas de la formation professionnelle.

Le directeur régional de l’ANPE-Sahel, Emmanuel Kaboré, s’est réjoui de l’accompagnement de l’UNICEF pour la réinsertion socio-professionnelle des jeunes. « L’UNICEF à travers DRC, a permis de former environ 127 jeunes issus de la communauté hôte, des sites miniers et des réfugiés maliens. Les différents fonds de l’UNICEF ont permis de toucher une cible importante de la population qui ne bénéficiait pas de cette formation, en ce sens que les camps des réfugiés maliens de Goudebou et de Mentao ne sont pas pris en compte dans le public ordinaire », a-t-il ajouté.

Les réfugiés maliens du camp de Goudebou ont exprimé leur reconnaissance à l’endroit des partenaires techniques et financiers. Pour le chef du camp des réfugiés maliens de Goudebou, Ag Anaglif Abdoulaye, les fonds autrichiens et japonais ont permis non seulement d’améliorer les conditions de vie des réfugiés au Burkina Faso mais aussi de scolariser leurs enfants.

Changer les mentalités

Quant à la promotion des droits des enfants en occurrence la lutte contre le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines (MGF), l’UNICEF et ses partenaires ont mis en place, depuis 2016, le projet SUKAKU (enfance en fulfuldé) qui intervient dans 232 villages des 4 provinces de la région du Sahel. L’objectif vise, entre autres, à fournir des mécanismes d’autoprotection aux enfants et à retarder les premières grossesses des jeunes filles.

Pour Désiré Zagré, le projet SUKAKU vise non seulement à fournir des mécanismes d’autoprotection aux enfants mais aussi à retarder les premières grossesses des jeunes filles.

Selon le coordinateur terrain chargé de suivi-évaluation de l’ONG Mwangaza action du projet SUKAKU, Désiré Zagré, le projet SUKAKU est la création d’un consensus social, en faveur de l’élimination du mariage des enfants et de l’excision. Selon lui, les activités menées au sein du projet sont les séances de causeries-éducatives avec les enfants sur diverses thématiques telles que l’excision, le mariage des enfants, l’affirmation de soi, les systèmes reproductifs des hommes et des femmes, les plaidoyers, les animations à grand public et les visites à domicile.

Ce projet a permis de changer les mentalités des populations de la région dans le domaine du mariage forcé et de la forte déscolarisation des filles. « Le projet SUKAKU a contribué à éradiquer le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines (MGF) dans la région du Sahel, en ce sens qu’aucun cas n’a été signalé depuis le début de l’année 2017 grâce aux actions de sensibilisation. Par ailleurs, des mécanismes à travers des cellules de veille ont été mis en place dans le but est d’empêcher ces pratiques », a-t-il ajouté. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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