Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

LEFASO.NET | Par Jacques Théodore Balima • mardi 12 septembre 2017 à 00h05min

Le REN-LAC, a organisé ce vendredi 08 Septembre, un panel à la salle de conférence du CBC (Conseil Burkinabé des Chargeurs). Le panel a eu pour thème « Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : rôle et responsabilités des différents acteurs.

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Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

Le Pr Mahamadé Savadogo, coordonnateur national du manifeste pour la liberté, et membre du conseil scientifique du REN-LAC, a pris la parole en introduisant ce panel. Il a ensuite indiqué que les deux notions clés à retenir sont celles de la corruption et de la lutte. A sa suite, ce sont quatre autres conférenciers qui se sont invités au débat.
M. Claude Wetta, secrétaire exécutif du REN-LAC, commençant son exposé, n’est pas allé par quatre chemins pour faire étalage du classement ou encore du top 6 des services les plus corrompus lors des dernières enquêtes de 2016. Il ressort de celles-ci que la Justice occupe la sixième place ; la gendarmerie, la quatrième place ; la douane, elle, se positionne en troisième place. La première place revient à la police municipale.

Le secrétaire exécutif du REN-LAC a déploré, le fait que les forces de défense et de sécurité ainsi que la justice, soient ainsi indiquées dans ledit classement parce que dit-il, « la légitimité d’un gouvernement dépend de la façon dont se conduisent les forces de défense et de sécurité. Ce sont les représentant les plus visibles de l’autorité aux yeux des populations ».

Il continue en soutenant qu’au niveau du REN-LAC, une enquête a été menée. De cette enquête, il en découle une extorsion de fonds sur le terrain.

Quatre axes routiers ont fait l’objet de contrôle de la part du REN-LAC. Il s’agit de l’axe Ouaga-Dori- Séitenga, frontière du Niger ; Ouaga-Bobo-faramanan, frontière du Mali ; Ouaga-Tenkodogo-Cinkansé, frontière du Togo ; et Ouaga-Fada. Ce sont au total 49 postes de gendarmerie, et 33 postes de police nationale qui ont été visitées.
Les conclusions de ces différentes sorties font état de deux types de raquettes. Le premier concerne les policiers et les gendarmes qui perçoivent directement de l’argent auprès des sans-papiers. Le deuxième, les transporteurs eux-mêmes, faisant la collecte auprès des sans-papiers afin de ne pas être dérangés.

Abordant la question des répercussions de la corruption sur la sécurité et le terrorisme, M. Wetta soutient qu’elles se situent à trois niveaux : l’érosion de la confiance dans le système de sécurité, la circulation des terroristes, et l’émergence de nouveaux acteurs dans le système de la sécurité et même de la justice.
« L’émergence des forces nouvelles telles que les koglwéogos et les dozos sonnent comme un désaveu du système de sécurité et de justice actuelle », lance-t-il avant d’en venir à des perspectives.

Comme perspectives, M. Claude Wetta s’est exprimé en ces termes « il faut travailler à faire reculer la corruption car, en faisant cela on fait du même coup reculer l’insécurité et (…) qui mettent à mal la quiétude des populations ». Il insiste également sur le choix porté sur certains acteurs « il faut revoir le choix des acteurs placés à certains postes de responsabilités(…) ». Et pour finir, « avant tout cela, il faudrait une véritable stratégie qui implique ressources humaines et matérielles », a-t-il conclu.

M. Claude Bienvenu Bado, conseiller technique et représentant du ministre de la sécurité, a quant à lui, articulé son intervention autour de deux points majeurs. Premièrement, sur un aperçu de la politique sécuritaire au Burkina Faso et deuxièmement, sur un état des lieux de la corruption dans les secteurs de la sécurité.
Pour le premier point, il précise que le Burkina Faso dispose d’une stratégie nationale de pointe de sécurité intérieure pour la période 2011-2020.

En ce qui concerne le second point, M. le représentant du ministre soutient que pour lutter contre la corruption sur les axes routiers, une structure opérationnelle a été créée au sein du ministère de la sécurité. Il s’agit de la coordination nationale de contrôle des forces de police couramment appelée « police des polices ». Elle a entre autres pour mission de mener des actions de sensibilisation au profit des acteurs et partenaires du trafic routier.

Le secrétaire général du syndicat burkinabé des Magistrats, M. Traoré Moriba, pour sa part d’intervention au panel, est parti de deux points précis. Le premier consistant en la délimitation du rôle des acteurs judiciaires dans la lutte contre l’insécurité, le terrorisme, et la corruption, par ce qu’elle est. A cet effet, il soutient que le rôle de la justice ne diffère pas fondamentalement du rôle qu’elle assure dans d’autres types d’infractions. C’est-à-dire, un rôle d’investigation et de poursuite, et un autre de jugement puis de répression.

Pour ce qui est du rôle des acteurs judiciaires dans la lutte contre l’insécurité, le terrorisme, et la corruption par ce qu’elle n’est pas, M. Traoré trouve que le jugement porté à leur égard par la population est un faux jugement. « Le juge n’est pas comptable de l’état des lois et une fois qu’il a rendu une décision qui est conforme à la loi, il est censé avoir accomplir convenablement sa part de mission. Si on ne précise pas cela, on va toujours se retrouver avec des incompréhensions là même où on aura fait notre part », a-t-il précisé.

Jacques Théodore Balima
Tambi Serge Pacôme Zongo(Stagiaire)
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 11 septembre à 22:13, par nebié
    En réponse à : Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

    La corruption au sein des forces de défense et de la sécurité la police et la gendarmerie ne peut être traité que par leurs hiérarchies . Evitez de placer a des postes stratégiques les généraux proches de la retraite.

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    • Le 12 septembre à 10:56, par DAO
      En réponse à : Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

      Cher Nebie : ça n’a rien voir avec l’âge de la retraite : ou vous avez la conscience professionnel ou vous ne l’avez pas ! l’argent est tantant à tout age ! je dirais même que les jeunes qui sont soucieux de leur carrière (qui ont leur carrière devant eux) s’ils n’ont pas la conscience professionnelle, ferment plus facilement les yeux sur la corruption pour ne pas voir leur carrière derangée voire brisée !
      Au Faso : ya des vieux corrompus comme ya des jeunes corrompus ! ya des vieux intègres comme ya des jeunes intègres

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  • Le 12 septembre à 09:23, par Inspecteur
    En réponse à : Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

    Les responsables du Réseau National de Lutte contre la Corruption (REN-LAC), doivent savoir que la crédibilité ou non de leur organisation dépend beaucoup de la qualité des rapports annuels qu’ils produisent annuellement. Des incohérences sont apparues dans les propos du premier responsable du REN-LAC, Claude Wetta lors du panel de septembre 2017, qui présentait le rapport 2016.Ce rapport accable avec une légèreté incongrue, les forces de sécurité accusées de ne pas effectuer des contrôles, du fait de la corruption dans un contexte de terrorisme. Cela insinue que les agents de sécurité se contentent d’actes de corruption pour ne pas mener des contrôles adéquats sur les axes routiers. Par voie de presse toujours, monsieur Wetta déclare que les chauffeurs disent qu’ils sont victimes de tracasseries par les forces de sécurité. Ce sont là, deux versions contradictoires rapportées par le premier responsable du REN-LAC. On ne peut accuser les forces de sécurité de ne pas faire de contrôles du fait de la corruption et affirmer en même temps qu’il y a trop de tracasseries policières à l’endroit des transporteurs. S’il y a tracasseries, c’est qu’il y a contrôles. L’adage selon lequel il n’y a pas de corruption sans corrupteurs ,se justifie très bien. Généralement, ce sont les chauffeurs qui n’ont pas les documents règlementaires de véhicules et de transport, qui tentent parfois de négocier les forces de sécurité avec toute formule d’indulgence, d’humanisme, d’invocation divine et d’offres financières de cadeaux ,pour échapper au blocage de leurs véhicules dans les postes de contrôles. En affirmant que ce sont les chauffeurs qui disent être victimes de tracasseries policières, monsieur Wetta commet une erreur grave d’appréciation basée sur des ont dits, des ragots sans preuves irréfutables constatées par les services du REN-LAC. Cela ne rend pas crédible le REN-LAC qui doit éviter de confier des enquêtes à des étudiants et autres personnes qui se contentent de ragots sur les réseaux sociaux pour compiler des rapports souvent imaginaires. Ce comportement peut s’apparenter à une corruption morale. Le REN-LAC n’est pas obligé de produire chaque année des rapports dubitatifs. Il peut choisir de publier ses rapports à tout moment sur la base de faits avérés. Dans le contexte de lutte contre le terrorisme, les forces de sécurité continueront de mener les contrôles ponctuels et stratégiques sur les axes routiers. Les citoyens doivent avoir sur eux, leurs pièces d’identité et les transporteurs, leurs documents complets et à jour. Quand les documents sont à jour, il y aucune obligation à payer des contraventions auprès des forces de sécurité. A bon entendeur, salut !

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    • Le 12 septembre à 11:10, par gbs
      En réponse à : Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

      Inspecteur, vous n’avez pas honte de justifier la corruption au sein de votre corps. Les entreprises et Bureaux d’etudes font des legalisations de documents sans les originaux. De grace, Mr Inspecteur, dans certains axes, certains prennent la place des douaniers pour avoir un peu comme eux. Oui ca se sait parce qu’ils vivent dans les quartiers avec nous. Le salaire est bas au Burkina, donc si on peut se faire une villa derriere les rails a Tanghin, on vivra bien comme les financiers qui bombent la poitrine dans les bars tout en oubliant que ceux qui paient leur salaire sont assis a cote. C’est normal que vous occupez toujours la tete du classement. Sans rancunes.

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    • Le 12 septembre à 11:25, par DAO
      En réponse à : Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

      Inspecteur : il y a beaucoup de verités dans ce que vous dites.
      quelques remarques cependant : la semaine dernière seulement j’ai voyage de Bouake à Bobo par une compagnie de transport du Burkina : il y a des postes de contrôle où on demande à tout le monde de descender chacun avec sa peièce d’identité. j’ai remarqué que :
      pour ceux qui n’ont pas de pièce soit ils payent une somme à la securité à travers le convoyeur et ils passent ; soit la securité deliver in laissez passer moyennant une somme !
      mieux certains voyageurs ne descendent même pas du car et donc ne sont pas contrôlés et la sécurité ne dit rien !
      tous ces faits sont du coté burkinabè de gnakologo à Bobo et sont véridiques
      le contrôle doit être amelioré
      Mes encouragements aux FDS

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  • Le 12 septembre à 14:08, par konfe
    En réponse à : Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

    Pour les FDS si les vlops de la corruption est refusée au sommet de la Hiérarchie , l’agent sur le terrain réfléchira deux avant d’empocher. Donc ne regardons pas ou nous sommes tombés mais plutôt ou on a trebuché

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  • Le 12 septembre à 20:08, par Ka
    En réponse à : Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : Le REN-LAC en parle avec des acteurs

    Pour un Burkinabé lambda, la justice et les institutions de force de l’ordre sont des garants de la bonne gouvernance d’un pays, et surtout sont après le président du Faso le sommet de l’état. Et tant que les éléments de ces institutions se permettent de montrer le mauvais exemple en toute impunité, ces contrôles de REN-LAC et ses recommandations auprès de l’exécutif qui reste les responsables de ces institutions ne sert à rien. C’est pourquoi je conclu en disant que la conception des pouvoirs Burkinabé depuis l’ère Compaoré a nos jours avec ses conséquences néfastes perdureront. Et pour arrêter ce fléau qui retarde le développement de notre pays, la solution viendra au sommet de l’état avec une épuration totale des ripoux responsables des institutions cité par le REN-LAC.

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