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Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Insurrection populaire • Ceci est une contribution de Jacques BATIENO, professeur de philosophie à Paris en France, sur le procès du dernier gouvernement Luc Adolphe Tiao. • vendredi 23 juin 2017 à 00h10min
Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

Le procès du dernier gouvernement TIAO à peine ouvert, continue avec ses intrigues. Quoi qu’on puisse penser de la décision du Conseil constitutionnel, on peut lui reconnaître un effort d’objectivité et un pas important dans le sens du droit. Cette institution, en effet, ne doit pas se fourvoyer dans des décisions politiques qui ne profitent pas à l’émergence de la vérité. Ce verdict des sages, qui entraine une suspension du procès pour une période indéterminée, montre combien ce cas relève d’abord des sciences juridiques, et ensuite, dans une certaine mesure, de la science politique. Cependant, cela ne saurait exclure la possibilité d’une opinion individuelle pouvant être qualifiée de philosophique, car le débat extrajudiciaire, quant à lui, n’est pas suspendu. Dans cette perspective, sur la base de l’éclairage que nous ont déjà apporté les juristes et spécialistes du droit burkinabè consolidé par ce verdict du Conseil constitutionnel, on peut encore s’interroger sur les conditions d’accusabilité de ce gouvernement.

Un procès, en soi, est toujours bienvenu pour trancher une situation de conflit. Mais l’opportunité juridique de cette mise en accusation n’est pas sans poser problème, tant les arguments semblent tirés par les cheveux (on sait que le reproche fait aux accusés est indirect). Ce qui est mis en avant dans l’acte d’accusation, ce sont les morts et les blessés que l’on peut regretter. Mais, convient-il de mettre ces morts et ces blessés sur le seul compte d’une décision prise lors de ce fameux conseil des ministres ? Les décisions prises à ce conseil des ministres étaient-elles illégales ? Ces morts et ces blessés n’ont-ils pas été érigés en paravent pour masquer d’autres ambitions ? Ce sont les questions auxquelles ce procès, lorsqu’il reprendra, doit donner des réponses objectives, questions qui nous concernent tous également. Or, je pense qu’il y a dans cette affaire une confusion grave et intolérable entre la politique, la morale et le droit.

De fait, l’acte d’accusation auquel l’on a voulu donner une force juridique et qui, finalement et essentiellement, est induit par la décision de modifier l’article 37 de la constitution, pourrait être tout simplement sous-tendu par une force politique, parce qu’il s’appuie précisément sur des raisons morales. Ce qui donnerait d’emblée et davantage à ce procès sa dimension hautement politique avouée ou non avouée. Dans un souci de clarté, je veux suggérer l’hypothèse que ce qui est reproché à ce gouvernement ne repose pas avec certitude sur des faits répréhensibles tangibles pouvant faire l’objet d’une qualification juridique (pénale ou criminelle), mais repose plutôt sur une conviction morale consciente ou inconsciente. Si cette hypothèse est avérée, nous sommes très loin du droit et, partant, il n’y a plus d’affaire. Deux arguments me confortent dans cette opinion.

D’abord, cette hypothèse découle logiquement d’une certitude partagée par d’aucuns. Savoir que la décision de modifier l’article 37 n’est rien d’autre qu’une erreur politique engendrant une faute morale qui en est son corollaire. Or erreur politique et faute morale ne sauraient a fortiori constituer délits ou crimes. C’est l’écueil que le Conseil National de la Transition (CNT) n’a pas su éviter en créant de toute pièce quelque chose de répréhensible au regard de la loi sur les cendres d’une erreur politique et d’une faute morale.

Ensuite, sans chercher ici à refaire l’histoire, mais la comprendre, on peut estimer que le CNT n’a fait que suivre les injonctions d’une certaine opinion publique constituée de partis politiques et d’organisations de la société civile (OSC) hostiles non seulement à la modification de l’article 37, mais aussi et surtout à l’ancien régime. La victoire étant de son côté, cette opinion publique exige avec insistance des sanctions, car, estime-t-elle, il est impensable que ceux qui sont à l’origine de ces évènements de 2014 échappent à toute sanction pénale. Justice où vengeance ? Toutefois, une chose est de s’opposer radicalement et légitimement à une décision politique moralement inacceptable, et une autre est de faire de cette décision un défaut au regard de la loi.

C’est dire que cette exigence de sanction repose sur des fondements moraux liés à une frustration politique. Elle est l’expression d’une posture morale. Une exigence de sanctionner à tout prix qui s’est traduite par la projection d’une frustration politique et morale dans le droit, et la transformation d’une situation malheureuse de fait en situation de droit. En somme, on a érigé une opinion, un besoin en vérité. Je rappelle juste qu’on n’assigne pas quelqu’un en justice parce qu’il a posé un acte contraire au bien, mais on le fait parce qu’il a posé un acte contraire à la loi. Sans doute que cette nécessité de la sanction pénale existe par ailleurs. Mais il faut en faire autrement la preuve, sinon ce gouvernement sera une sorte de victime expiatoire.

D’autant que les évènements des 30 et 31 octobre 2014, il faut le souligner aussi, relèvent d’une organisation méthodique et structurée, conduite par une opposition politique officielle et officieuse, dont l’objectif principal était de renverser le pouvoir en place par tous les moyens possibles, y compris par la violence. Aussi, n’en déplaise à d’aucuns, ces évènements peuvent être lus comme étant la couverture permettant de voiler et de rendre inavouable un double coup d’Etat. Un coup d’Etat politique qui a déposé le pouvoir de Blaise Compaoré avant les échéances institutionnelles, et un coup d’Etat constitutionnel vu la violation qui a été faite ensuite de notre loi fondamentale. Dès lors, cette organisation ne saurait se dédouaner de sa responsabilité et de sa culpabilité vis-à-vis des morts, des blessés, des pillages et des dégâts matériels que l’on sait.

On ne gouverne ni avec le cœur, ni avec l’émotion, mais avec la tête, avec la raison. Le CNT, sous l’impulsion de la haine entretenue par cette même opinion publique, a donc manqué d’objectivité. Il a manqué de la lucidité nécessaire pour poser un acte législatif aussi important que celui que nous évoquons. Il a tout simplement fait œuvre de légèreté en entérinant l’opinion publique dans sa dernière revendication. Ces morts et ces blessés seraient alors le chiffon rouge que l’on brandit afin de justifier du bien-fondé de cette mise en accusation. Aussi, deviennent-ils l’instrument d’un projet politique pernicieux.

On ne peut pas et on ne doit pas s’arranger avec le droit selon que cela nous profite. Si dans l’immédiat le droit ne permet pas de sanctionner certains faits, il faut en prendre acte et l’accepter, bien que cela aille à l’encontre de nos valeurs morales. En revanche, on peut rectifier ou améliorer la loi pour le futur, car le droit est aussi issu de la pratique et de l’expérience. Le droit positif qui régit les gens dans une société politique est imparfait, mais il protège l’ordre politique. Bafouer le droit revient à nier l’élément nodal de ce qui nous permet de faire société, c’est remettre en cause ce qui légitime nos actions en société et leur donne sens.

Il peut arriver qu’une décision de justice nous choque parce que nous la trouvons contraire à la morale. Mais cela relève précisément du devoir moral de prendre une telle décision difficile. Par conséquent le droit, pour être juste, doit d’abord se passer de la morale, car la morale ne peut avoir la primauté sur le droit dans un système judiciaire. Mais il convient de se référer ensuite à la morale afin d’atténuer la sévérité du droit et donner à la sanction pénale une dimension humaniste. Or il semble que dans cette affaire l’on veuille transformer un jugement moral en procès qui, finalement, si procès il y a, est surtout un procès moral.

Néanmoins, ce procès peut comporter quelques avantages. S’il est impartial, il permettra de dire le droit en toute objectivité. C’est un défi que la Haute cour de justice doit relever pour, tant soit peu, redonner confiance à notre institution judiciaire. C’est aussi, en quelque sorte, l’ouverture de la boite de pandore donnant à ce procès une valeur historique. Ce tabou qui, pendant longtemps, empêchait de juger les membres du gouvernement, voire le chef de l’Etat, vole en éclat. C’est dire que si l’on juge ceux qui étaient au pouvoir hier, ceux qui y sont aujourd’hui et ceux qui y seront demain subiront le même sort s’ils étaient en porte à faux devant la loi. Dans cette perspective, il est important d’appliquer la loi avec impartialité, et il est nécessaire de respecter la régularité des procédures de justice.

Enfin, c’est la question de la pertinence ou de la légitimité de la Haute cour de justice qui est posée. Cette cour, qui est politique, est-elle en phase avec l’esprit qui préside à une démocratie digne de ce nom ? Rien qu’au regard de sa composition, et en dépit de la position du Conseil constitutionnel, n’est-elle pas en elle-même un reniement du principe de séparation des pouvoirs et du contrôle démocratique ? Il est encore temps de profiter de la nouvelle constitution en cours pour la supprimer afin de faire du président de la république et des membres du gouvernement des justiciables comme les autres, c’est-à-dire tout citoyen burkinabè.

Paris le 19 juin 2017
Jacques BATIENO, professeur de philosophie, Paris (France)

Vos commentaires

  • Le 22 juin 2017 à 17:59, par VISION En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    Très pertinent. j’aurais pu glisser ces lignes moi même. Mais bon, vous m’avez devancé, c’est pas grave ! BRAVO.

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  • Le 22 juin 2017 à 21:31, par Mechtilde Guirma En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    « En revanche, on peut rectifier ou améliorer la loi pour le futur, car le droit est aussi issu de la pratique et de l’expérience. Le droit positif qui régit les gens dans une société politique est imparfait, mais il protège l’ordre politique. Bafouer le droit revient à nier l’élément nodal de ce qui nous permet de faire société, c’est remettre en cause ce qui légitime nos actions en société et leur donne sens ».

    Bravo professeur et merci. En effet au plus fort des débats pendant la transition, l’idée fut émise selon laquelle il fallait séparer (de façon étanche ou radical ?) le « juridique du sociologique ». Je fus scandalisée car je ne pouvais pas comprendre que le législateur parle de telle manière comme s’il ignorait que la loi n’était qu’une des sources du droit. En effet la loi ne sert-elle pas aussi bien le juridique que le sociologique dont elle n’est que l’instrument de la jurisprudence pour maintenir l’ordre dans la société. Par contre dans le sens inverse, la société est la base juridique et légitime de la jurisprudence afin de rendre ses décisions légales ? Donc s’il est vrai que la loi doit être magistralement appliquée, il n’est pas moins vrai qu’elle peut être corrigée, contrebalancée, même dénoncée par la coutume, la doctrine ou l’équité qui ne sont que des émanations du contrat social ? Enfin parler aussi de société cela veut dire qu’il n’y a pas deux sortes de citoyens selon la loi ! Tout le monde est justiciable. La loi s’applique alors à tout le monde sans exception. La procédure d’imputation devrait reprendre ses droits.

    Ensuite un sénat qui regrouperait les représentations des différentes catégories sociales telles les coutumiers, les religieux, les professions, les corps constitués comme l’armée les regroupements professionnels ou religieux des jeunes, les formels comme informels, pourraient être l’élément nodale souhaitable et souhaité de la vraie société (sans l’influence politique des syndicats, des OSC, des ONG), pour donner un sens à nos actions en société. Vous me direz pourquoi éliminer les syndicats, les OSC et les ONG du sénat ? Parce qu’ils y sont déjà de façon purs à travers les professions et les mouvements des jeunes. Cependant pour équilibrer le système, on les met au Conseil Économique et Social avec tout le monde déjà cité y compris les partis politiques. N’oublions pas d’une part que les partis politiques pilotent déjà l’Assemblée et le gouvernement. Donc ils ont la part du lion. Et d’autre part le pouvoir judiciaire n’est qu’une structure professionnelle. Du fait donc de son indépendance il rejoint les autres dans le Sénat.

    Chaque institution (exécutif, législatif, judiciaire, sénat) donc traitera les problèmes selon ses compétences et ses attributions et en toute souveraineté nationale. Ensuite, les couleurs nationales seront défendues face au monde international au Conseil Économique et social, les ONG, les syndicats et OSC aux côtés des socio-professionnels. On devrait donc travailler à éviter le double emploi pour chaque institution.

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  • Le 23 juin 2017 à 06:58, par Tamatra En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    Merci professeur pour ces éclairages. On y viendra un jour lorsque l’heure de la vérité viendra. Ceux qui ont choisi la courte échelle pour accéder au pouvoir en seront pour leurs frais

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  • Le 23 juin 2017 à 07:59, par Verité En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    je suis d’accord avec le professeur, mais ça sera pour le futur. dans le cas présent il seront jugés par ce conseil constitutionnel là. ce sont eux mêmes qui l’ont voulu ainsi pour se soustraire de la justice et aussi pour être au-dessus du citoyen lambda. l’arroseur arrosé.

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  • Le 23 juin 2017 à 08:54, par #@Pourundroitreflechi #@parlesafricainetpourlesafricain En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    Merci pour ses informations Mr le professeur à Paris, moi je vais axer ma réflexion sur la proportionnelle de votre écrit et sur votre connaissance de notre société.
    En effet plus 60 lignes pour expliquer et justifier le forfait des anciens gouvernants avec les cours de droits que le contribuable Burkinabè a surement contribué à payer, quelle reconnaissance. Et le comble à peine deux lignes pour passer par perte et profit les victimes de ses gouvernants, sacré professeur bravo vos parents seront surement fiers de vous. Et oui quand les plus déracinés de leur culture qu’ils renient et bafouent au passage, sont ceux qui ont reçu la valeureuse éducation du blanc et doivent venir sauver leurs parents sauvages restés en Afrique que dois ton attendre d’eux. Je crois avec tous les respects que je dois à un Pr à Paris., que vous parlez d’une situation que vous ne connaissez pas, repartez plutôt à la source car vous êtes plus Français oups ! quel sacrilège Blanc que Burkinabè noir. Le droit du blanc a été conçu par le blanc,pour le blanc, adapté au blanc et actualisé en fonction de leurs propres réalités. Nous devons faire pareil, moi je ne suis pas dans un esprit de vengeance mais quand il y a injustice il faut bien que les fautifs paient, mais bon je ne suis pas Pr. (éh Africain, quand tu deviens blanc (tout puissant Pr à Paris) tu ne comprends pas pourquoi on doit s’asseoir par terre et manger tous dans un même le tô quel sacrilège, ou acte délictueux (aidez-moi svp Pr avec le droit qui vous a été dicté par le blanc pour être répété comme un ………..).
    Sans méchanceté, juste un citoyen extrêmement déçu par un Pr à paris, qui était censé accompagner notre pays vers un développement harmonieux et équitable. Mais bon, des ingrats on en trouve tous les jours, vivement la prochaine génération, que Dieu bénisse et protège le Burkina Faso ma patrie.

    Bangré naaba, je te vois venir avec ton gros Français du Blanc avec grand B, lâche toi alors !!!!

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    • Le 23 juin 2017 à 11:42, par Mechtilde Guirma En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

      Mon cher Monsieur vous vitupérez le professeur pour rien. Le professeur a décliné humblement son profile. Et tout aussi humblement comme philosophe, il nous a donné son avis. Or il se trouve que son avis est (ou devrait être) pour nous un enseignement de base pour une meilleure réflexion pour notre démocratie à venir. Donc en terme académique, moi je dirai plutôt que le professeur nous enseigne de précieux éléments de base en droit. Ouvrez les yeux et voyez que le professeur n’a pas parlé en magistrat mais en simple philosophe-juriste (le droit étant également une émanation de la philosophie des peuples). Et croyez-moi, toute organisation sociale humaine a besoin de ces éléments de base qui sont universels. Ils existent depuis que l’homme est apparu sur la terre en tant que principe premier avant même toute expérience humaine et s’est imposé à la raison de l’homme pour servir d’outils à cette ’expérience. C’est donc un référentiel à chaque étape de la vie.

      Si vous voulez bien croire que l’humanité a pour base l’Afrique, qui vous dit que les droits du blanc que vous condamnez n’ont pas pour origine celui de l’Afrique ? Il suffit donc pour nous africains de nous réapproprier cette base afin de la reformuler et l’actualiser pour notre démocratie. La preuve ce que je propose du Sénat n’est qu’une configuration du Conseil des anciens dans la cours des rois chez les africains. Chez les Mossé par exemple, dans ce conseil des anciens, il y avait les représentations de peuples étrangers venus demander la protection du roi. De même de peuples avoisinants dans le pays. C’est pourquoi le chef peulh par exemple avait une grande importance à côté du Yars-naaba son cousin etc. L’exécutif était le roi et ses conseillers directes c’est à dire ses ministres (dont le regroupement institutionnel des femmes : la Reine-mère, la Napoko, la Kourita, la wemba, la forgerone, la Bendre, la pwéga ect.). L’instance judiciaire autonome était le Pwé-Naaba. Encore qu’après le jugement ait eu lieu, la sanction était au pouvoir discrétionnaire de chaque groupe (ou ethnie présente). Ces groupes d’ailleurs composés d’un satellite de chefs fonctionnaient comme une chambre de députés. Et ce que je vous dis monsieur est la réalité de toute culture qu’elle ait évolué en royauté, en tribu ou en clan (c’est selon). La République française n’a pas fait que de réactualiser ces valeurs humaines à la mesure de son peuple, car ces valeurs étaient devenues comme simplement typiques à l’homme. C’est notre tour maintenant. C’est pourquoi la composition de notre Sénat devra trancher avec celui des pays occidentaux qui ont malheureusement jeté l’eau de bain de la royauté avec le bébé en déclarant leur système laïc qui veut dire anticléricale.

      Donc cher monsieur, le professeur vous offre une occasion rêvée de faire des propositions qui puissent aider à accéder à une société plus juste. Il n’endoctrine aucunement personne. Simplement une contribution.

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      • Le 23 juin 2017 à 16:01, par #@Pourundroitreflechi #@parlesafricainetpourlesafricain En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

        Sieur Girma,
        Merci pour votre contribution qui somme toute dit à peu près ce que je demande au Pr de faire comme exercice de réflexion, en allant au-delà des cours magistraux qu’il a reçu. Comme vous le savez probablement science sans conscience n’est que ruine de l’âme, ceci est valable pour le droit qui en paraphrasant je dirais : Dire ou interpréter le droit pour le droit n’est que fanfaronnade et masturbation intellectuelle creuset de l’impunité et de la désolation.
        Je ne puis comprendre qu’un Mr qui plus est professeur justifie à 99,99% les dérives d’un système sous le prétexte fallacieux que la loi que les mêmes bourreaux ont édictée pour se protéger ne prévoyait pas cela (c’est quoi ses foutaises très cher Pr.), et que toutes modifications de la loi visant à la rendre plus démocratique et accessoirement poursuivre les bourreaux serait contraire au droit, Cher Pr. de quel droit parle t’on. Sieur Guirma Mr de m’éclairer vous qui sembler le comprendre

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  • Le 23 juin 2017 à 10:31, par Moi Le Patriote Parfait En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    « Si dans l’immédiat le droit ne permet pas de sanctionner certains faits, il faut en prendre acte et l’accepter, bien que cela aille à l’encontre de nos valeurs morales …car la morale ne peut avoir la primauté sur le droit dans un système judiciaire ……..Or il semble que dans cette affaire l’on veuille transformer un jugement moral en procès qui, finalement, si procès il y a, est surtout un procès » moral.... »
    Je suis tenté de poser une question à ce professeur philosophe : Quel développement pouvez-vous imaginer et réussir en ne puisant pas votre règle de droit à partir des sources de vos valeurs morales telle que la coutume, lesquelles sont les fondements de la cohésion sociale de l’équité et du partage équitable du fruit de la croissance d’une communauté ?

    Tous ces peuples qui ont légiféré dans l’ignorance totale de leurs réalités culturelles en copiant bêtement celles d’autres cieux comme base de leur droit positif ne trouveront jamais le bonheur de leurs peuples car ils formeront une nation de contestateurs et de révoltés qui remettraient toujours en cause leurs processus de gouvernance comme ce fut le cas avec les insurrections des 30 et 31 octobre 2014.

    Si un Président, un gouvernement n’a aucune considération pour la souffrance de son peuple comme ce fut le cas avec Blaise sous prétexte que leurs revendications ne relevaient pas du droit positif mais de la morale, c’est triste et malheureux. Laissez-moi vous dire que la morale et la coutume sont des sources par excellence du droit positif dans les sociétés intelligentes qui veulent garder l’équilibre et l’adhésion de leurs peuples aux règles de gouvernance. Il faut arrêter de nous prendre pour des totalement ignorants qui en en dehors de ton droit positif vivraient à l’état primitif dénués de tout sens de raisonnement et du discernement.

    Si des manquements moraux contestés par des millions de Burkinabè qui plus ont entrainé des pertes en vies humaines ne doivent pas être poursuivies car ne comportant pas pour vous des éléments légaux de poursuite judiciaire c’est une honte et votre analyse me donne la chair de poule.
    Il est important de retenir que c’est Blaise lui-même qui est le concepteur qui a fabriqué cette Cour que vous qualifiez de politique et illégitime. Si aujourd’hui sa trouvaille semble lui être fatale c’est pas un fait du hasard. En créant son monstre à quelle victime son géniteur le destinait si ce n’est lui –même. ?

    Tel fut le cas de Joseph Ignace Guillotin médecin et homme politique français , celui à qui on attribue à tort ou à raison la création de la Guillotine et qui est connu pour avoir fait adopter, sous la Révolution française, la guillotine comme mode unique d’exécution capitale.
    Par coïncidence, un médecin lyonnais, un autre « Guillotin » fut exécuté par la guillotine. Ce qui contribua à répandre la rumeur selon laquelle Guillotin aurait lui-même été exécuté par « sa » propre machine.

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  • Le 23 juin 2017 à 12:23, par Moi Le Patriote Parfait En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    « Si dans l’immédiat le droit ne permet pas de sanctionner certains faits, il faut en prendre acte et l’accepter, bien que cela aille à l’encontre de nos valeurs morales …car la morale ne peut avoir la primauté sur le droit dans un système judiciaire ……..Or il semble que dans cette affaire l’on veuille transformer un jugement moral en procès qui, finalement, si procès il y a, est surtout un procès » moral.... »
    Je suis tenté de poser une question à ce professeur philosophe : Quel développement pouvez-vous imaginer et réussir en ne puisant pas votre règle de droit à partir des sources de vos valeurs morales telle que la coutume, lesquelles sont les fondements de la cohésion sociale de l’équité et du partage équitable du fruit de la croissance d’une communauté ?

    Tous ces peuples qui ont légiféré dans l’ignorance totale de leurs réalités culturelles en copiant bêtement celles d’autres cieux comme base de leur droit positif ne trouveront jamais le bonheur de leurs peuples car ils formeront une nation de contestateurs et de révoltés qui remettraient toujours en cause leurs processus de gouvernance comme ce fut le cas avec les insurrections des 30 et 31 octobre 2014.

    Si un Président, un gouvernement n’a aucune considération pour la souffrance de son peuple comme ce fut le cas avec Blaise sous prétexte que leurs revendications ne relevaient pas du droit positif mais de la morale, c’est triste et malheureux. Laissez-moi vous dire que la morale et la coutume sont des sources par excellence du droit positif dans les sociétés intelligentes qui veulent garder l’équilibre et l’adhésion de leurs peuples aux règles de gouvernance. Il faut arrêter de nous prendre pour des totalement ignorants qui en en dehors de ton droit positif vivraient à l’état primitif dénués de tout sens de raisonnement et du discernement.

    Si des manquements moraux contestés par des millions de Burkinabè qui plus ont entrainé des pertes en vies humaines ne doivent pas être poursuivies car ne comportant pas pour vous des éléments légaux de poursuite judiciaire c’est une honte et votre analyse me donne la chair de poule.
    Il est important de retenir que c’est Blaise lui-même qui est le concepteur qui a fabriqué cette Cour que vous qualifiez de politique et illégitime. Si aujourd’hui sa trouvaille semble lui être fatale c’est pas un fait du hasard. En créant son monstre à quelle victime son géniteur le destinait si ce n’est lui –même. ?

    Tel fut le cas de Joseph Ignace Guillotin médecin et homme politique français , celui à qui on attribue à tort ou à raison la création de la Guillotine et qui est connu pour avoir fait adopter, sous la Révolution française, la guillotine comme mode unique d’exécution capitale.
    Par coïncidence, un médecin lyonnais, un autre « Guillotin » fut exécuté par la guillotine. Ce qui contribua à répandre la rumeur selon laquelle Guillotin aurait lui-même été exécuté par « sa » propre machine.

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  • Le 23 juin 2017 à 14:24, par djamana tigu En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    <<On ne peut pas et on ne doit pas s’arranger avec le droit selon que cela nous profite.>>

    Monsieur le professeur, votre passage est ci hallucinant qu’en le lisant je n’ai pu m’empêcher de marquer un arrêt, en tant que professeur de philosophie, vous venez de soulever toute la philosophie du problème dont il est question ici. A savoir que :<<On ne peut pas et on ne doit pas s’arranger avec le droit selon que cela nous profite.>> Or il se trouve que pendant les 27 ans du régime de Blaise Compaoré, c’est effectivement cet caractère subjectif du droit qui n’a cesser d’être utilisé dans le sens contraire de votre passage ci-dessus pour parvenir à ses fins. entre autres,légalité, rétroactivité etc... Et finalement aujourd’hui la justice universelle(celle de Dieu bien sur), à commencer d’abord à juste inverser les positions(.....), ainsi ceux qui exploitant le côté subjectif du droit pour fonctionner, clament à leur tour d’éviter l’exploitation de cet arrangement avec le droit en leur défaveur !!!!!! Quel retournement de situation !!!!!! Quelle justice à double vitesse !!!!!
    Je m’arrête là et je vous laisse tirer la conclusion !!!!!!

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  • Le 23 juin 2017 à 15:05, par TAPSOBA DESIRE En réponse à : Procès du dernier gouvernement Tiao : Jeter un pavé dans la marre

    L’essentiel est que in fine tous les acteurs ( sans exception - il va y avoir du beau monde ) du drame que vit notre peuple aujourd’hui soient jugés et que chacun réponde de ses actes.Cela prendra le temps nécessaire et les atermoiements juridiques ne sauraient en aucun entraver le processus.Avant de 2014, ce sont écoulés 27 ans au cours desquels, un homme, un régime ont pu se maintenir par l’usage de la violence, grâce d’un système de terreur et de corruption , en s’entourant d’un arsenal juridique pour se dégager aujourd’hui de toute responsabilité ou se prémunir contre toute accusation. Mais au delà des questions morales, l’incompatibilité entre l’application stricte du droit et de la morale, au delà du cas spécifique dernier gouvernement de Blaise, il y a tout de même un symbole fort qui ne peut échapper à toute personne de bonne foi. En effet, il est simplement question, à travers ce procès,de réaffirmer notre attachement à la vérité et justice, seuls préalables à toute réconciliation. Oui, il faut certes aller de l’avant, dans un climat apaisé, sans sentiment de vengeance , mais jamais en cherchant à occulter tout un pan de notre histoire récente et absoudre ceux, sans qui, le pays aurait connu tout une autre trajectoire.

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