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Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • • jeudi 11 février 2016 à 00h06min
Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

Au Burkina Faso, les femmes représentent plus de la moitié d’une population d’environ 18 millions d’habitants. En dépit de cette supériorité numérique, elles contribuent très peu à la vie politique alors qu’elles constituent paradoxalement un potentiel électoral important. De quoi se justifie ce type de paradoxe qui encadre notre contexte politique ? Quelle est la situation actuelle de la participation des femmes à l’animation de la politique au Burkina ? Quels sont les freins à la participation des femmes à la vie politique ? Quelles stratégies peut-on mettre en place pour accroître leur participation ? Tels sont quelques éléments de réflexion abordés dans cet article.

I/ Des cas d’implication des femmes en politique

Il faut noter une prise de conscience accrue quant à la nécessité d’impliquer les femmes en politique même si leur niveau de participation reste encore faible. Ainsi, les 30% de quota genre proposé peine à être traduit en réalité. A l’exception de l’ADF/RDA qui frise les 25% dans son bureau exécutif, les autres partis semblent ou même demeurent réticents à ce quota et tournent entre 2 et 5%. Au niveau du gouvernement, on compte de plus en plus de femmes à des postes ministériels. Mais il reste un effort important à consentir de la part de tous les acteurs politiques pour assurer une pleine participation des femmes en politique. Cela passe nécessairement par une série de mesures dont l’application garantira des résultats probants.

Lors des législatives et municipales de décembre 2012, obligation était faite aux partis politiques d’inscrire au moins 30% de femmes sur leurs listes des candidats, conformément aux dispositions de la loi de 2009. Cette obligation a été traduite dans les listes de certains partis mais d’autres ont argué l’absence de militantes pour ne pas la respecter. Cet état de fait s’est traduit dans les résultats des élections.

Ainsi, à l’issue des législatives, sur les 127 députés, seulement 16 sont des femmes soit moins de 13%. De nos jours les données ne sont pas reluisantes. On peut constater qu’ aux élections récentes 10 femmesont été élues sur 127 députés.

Les femmes occupent des postes de responsabilité au sein de l’administration publique mais pour les hautes fonctions, il faut noter que leur représentativité est faible. Ainsi, parmi les hauts responsables, seule la fonction de Médiateur du Faso et de CSI est confiée à la femme.

Parmi les postes de président, vices présidents et présidents de commission à l’Assemblée Nationale, les postes occupées par nos sœurs sont quasi inexistantes.

Ces statistiques ne reflètent ni le quota genre que nous sommes en droit d’attendre ni la représentativité numérique au sein de la population. Quels sont alors les facteurs explicatifs de cette sous-représentativité ?

I /Les facteurs expliquant l’exclusion des femmes du terrain politique

1-Les facteurs socio culturels

Tout d’abord, il y a des facteurs socio culturels. Dans le contexte burkinabè, la femme est souvent présentée comme exclusivement cantonnée aux tâches domestiques et à la garde des enfants. Ainsi, elle n’a ni droit à la parole, ni droit à l’action. Ce principe qui caractérise la plupart de nos sociétés n’est pas sans effet sur la vie politique héritée de nos coutumes et ensuite de la colonisation. En effet, la gestion du pouvoir ne semble pas seulement réduite au modèle occidental. Elle est aussi marquée par des représentations d’ordre culturel, parfois de manière systématique, mais le plus souvent de manière inconsciente. Autrement dit, nos conceptions socioculturelles africaines agissent sur la sphère politique. Ainsi, tout comme les femmes sont exclues sur la base de paradigmes culturels forts coercitifs, elles le sont également au plan politique. D’ailleurs il est couramment admis à tort que la femme n’est pas faite pour gouverner. Ce type de représentation conduit nécessairement à exclure les femmes de la politique. Et contrairement à ce que l’on peut penser, certains intellectuels restent hostiles à tout changement dans le sens d’une amélioration du statut de la femme. Ainsi, il apparaît que le poids de la tradition est bien difficile à lever. En effet, l’accès à l’éducation, en dépit des nombreux efforts faits dans ce sens, reste malheureusement un privilège réservé aux garçons. Partant, les femmes ne peuvent plaider pour leur propre cause étant donné le défaut d’instruction.

2-Les insuffisances institutionnelles

Il n’y a pas d’instruments juridiques coercitifs susceptibles d’assurer la participation des femmes à la vie politique. Le quota genre de 30% tel qu’encouragé reste à quelques égards mineurs une théorie dans de nombreuses sphères de décision et dans les partis politiques. Lors des élections de décembre 2012, l’inscription des femmes sur les listes de candidature n’a été faite que dans le but de bénéficier de la subvention de l’Etat ; en effet, les femmes inscrites sur ces listes étaient à des rangs tels qu’il était impossible qu’elles soient élues.

Cela a eu pour conséquence d’exacerber la sous-représentativité des femmes à l’Assemblée Nationale et dans les conseils municipaux. Dans les institutions et dans le Gouvernement, les femmes occupant des postes de responsabilité restent minoritaires. Cette situation n’est pas de nature à assurer la participation des femmes à la vie politique. Qui plus est, de nombreuses femmes, sous l’assaut des préjugés défavorables en leur endroit développent un complexe d’infériorité et un sentiment d’incapacité à gouverner ou à assurer le fonctionnent d’un service public. Ceci constitue un obstacle majeur et ne permet pas à la femme, du moins à certaines femmes de prendre conscience de leurs potentialités, et partant, de mener un combat conséquent. On a même l’impression que dans certains milieux, le statut de femme rime avec faiblesse à tous points de vue, à telle enseigne qu’être femme ne semble plus procurer de la satisfaction et qu’il faille chaque fois lutter et être constamment aux aguets ! Mais ce complexe tant développé et entretenu témoigne d’une aliénation culturelle, d’une atteinte portée à l’être même de la femme, pourtant partie intégrante de l’humanité et qui a surtout d’énormes potentialités.

Mais cette domination exercée sur les femmes, et les préjugés sous-jacents à cela existent même dans la tradition occidentale. En effet, dans l’antiquité grecque, les femmes n’ont jamais joui des mêmes droits que les hommes. Conscient qu’une société épanouie suppose des contributions apportées par les femmes, Platon tenait un plaidoyer dissonant dans ce contexte antique, en soutenant qu’une société qui n’éduque ni n’emploie les femmes, est comparable à un homme qui ne se servirait que de son seul bras droit. Du reste, il est évident que la stigmatisation du statut de la femme est un obstacle majeur à leur implication dans la vie politique.

Mais à quand la femme au pouvoir ?

Aujourd’hui encore la classe politique burkinabé n’a pas dérogé à sa règle ! En effet, cette fois-ci le Burkina Faso allait pouvoir se laver de ce handicap et bénéficier de cette bénédiction d’avoir une femme à la primature. Quelle sacrée chance ! Nommer une femme à ce poste devait servir d’exemple dans la sous région comme l’a fait le Mali en 2013 et également le Sénégal. La femme au pouvoir était un challenge à gagner et nous savons que ce défi allait être relevé. Cette situation était une occasion tant revé pour les femmes et cela leur permettait de prouver qu’elles peuvent réussir là ou on les attend le moins, réusssir là ou les hommes ont eu la baraka. L’étouffement de cet idéal tant attendu a été influencé comme nous l’avons souligné plus haut par des facteurs socioculturels. En effet, certains milieu burkinabé ne sont pas préparés qu’un poste d’une telle envergure soit confiée à la femme. En nous appuyant sur les faits marquants dans la presse écrite et journaux de la place, nous avons constaté que cette femme pressentie Premier Ministre avait toute la carrure et les capacités intellectuelles nécessaires sinon hautement suffisantes pour briguer cette haute distinction. Peine perdu, les stéréotypes ont eu raison de la femme ! Car la stigmatisation de la femme a constitué un handicap sérieux selon les entretiens recueillis lors de nos enquêtes : « une femme premier ministre ne serait pas une bonne affaire pour notre pays surtout en ces moment de troubles économiques et sociaux. »

D’autres vont jusqu’à parler d’une débâcle de la femme lorsqu’elle brigue un tel poste « une femme, premier ministre : ! Un échec à tous les niveaux ! elle n’aura que ses yeux pour pleurer car elle ne pourra rien y apporter » scandent certains enquêtés.

« C’est une période très sensible, surtout pas de distraction ! ou même soulignent certains « De mémoire de burkinabé on n’a jamais vu ça !.

Nous avons assisté également à des propos quelque peu injurieux qui pensent qu’une femme du haut de cette perche pourrait être influencée par ses propres sentiments, ce qui compromettrait l’honneur du Burkina Faso et le mettre à rude épreuve : « une ou deux champagnes de bu et elle perd la tète souillant ainsi la dignité et la fierté de notre pays et des burkinabé »

Ces propos tendancieux montrent que certaines couches de nos populations, même ceux qui sont plus avisés, ne sont pas prompts à accepter que la femme bénéficie d’une telle ascension ! Mieux l’éducation reçue ne nous permet pas d’effacer tous les préjugés et valeurs négatives sur la femme. Certes une telle éducation peut trouver une émulation sous toutes ses formes, et qu’on annihile les caricatures néfastes qui ternissent l’image de la femme dans notre pays. Il faut toutefois souligner qu’en donnant le portefeuille du Ministère de l’économie à une femme, le Burkina Faso marque un point supplémentaire à mettre les femmes au devant. A la femme de prouver son talent afin de prouver que la femme reste incontournable à toutes les sphères de décisions et que l’effectif sept femmes ministres sur vingt neuf doit être rehaussé à 30% et pourquoi pas la parité. Cela relève d’un droit et d’un pari pour un développement efficace et harmonieux du Burkina Faso. En tout cas nous en sommes conscients des freins qui drainent à l’horizon.

En effet, la France , puissance colonisatrice n’en a pas donné l’exemple au temps d’Edith Cresson et surtout avec Segolene ROYALE, mais nous martelons encore que le Burkina Faso a manqué son rendez –vous avec la femme par deux fois pendant la transition pour le poste de Président du Faso et encore à nouveau par le choix du Premier Ministre avec le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré. C’est dire que l’histoire doit retenir ces faits !

La femme au pouvoir au Burkina Faso ne sera jamais la veille mais doit relever d’un mythe si la femme elle-même ne se bat pas pour mieux s’imprimer une autre carapace plus digeste sur le plan économique, social, culturel et politique. Et le Ministre de l’économie et des Finances doit réussir vaille que vaille et surtout brillamment sa mission. En cela l’espoir est permis à la femme !

En effet, à la suite d’Hélène SHERLEAF qui a redonné au Liberia sa place dans le concert des nations, et de Cathérine PANGA. B qui s’échine à ramener la Paix et la démocratie en Centre Afrique, nos consœurs burkinabé doivent valoriser encore plus leur engagement politique en se postant en première ligne dans le combat pour un Burkina meilleur !

III/ Quelques stratégies pour l’insertion des femmes en politique

Tout d’abord, il importe d’insister sur le quota genre, voire en faire un principe coercitif pour tous les partis politiques. Il devrait devenir un des critères de démocratie et de bonne gouvernance au sein des partis politiques. La coercition consistera à imposer qu’on alterne l’ordre entre hommes et femmes sur les listes électorales.

Ensuite, il importe de combattre les nombreux stéréotypes véhiculés à l’endroit des femmes, ce sont des entraves majeures à l’implication des femmes en politique. Cela suppose entre autres des méthodes de sensibilisation intense avec le concours bien sûr des médias.

Enfin, la scolarisation de la jeune fille et l’alphabétisation des femmes sont une condition indispensable, car dit-on souvent « l’ignorance est mère de tous les maux ». En effet, sans instruction, aucune participation effective des femmes n’est possible. A ce sujet, il faudrait envisager des mesures coercitives pour l’instruction des femmes. Aussi convient-il de renforcer les dispositifs institutionnels existants pour la cause de la femme, comme par exemple le ministère de la promotion de la femme. Cela implique un appui financier accru en vue de permettre audit ministère de mieux défendre la cause de la femme. Il importe également d’aider les femmes à asseoir une organisation faitière nationale des femmes du Burkina Faso, avec un bureau exécutif et des structures déconcentrées dans les différentes provinces sous l’égide du ministère de la promotion de la femme et du genre. Ceci accroitra sans doute la visibilité des femmes, et partant, leur capacité à entreprendre et à s’impliquer dans la gestion de la chose publique.

Par ailleurs, il serait juste que les organisations de la société civile inscrivent le combat pour les droits de la femme dans leurs revendications.

Conclusion

L’histoire récente de notre pays montre que la femme opère une entrée remarquable sur la scène politique. Cependant son apport dans le débat et la gestion de la chose publique demeure peu valorisé de telle sorte qu’elle n’est pas suffisamment prescrite dans la sphère de décision. En somme, il faut noter que l’introduction des quotas permet tant soit peu de prendre en compte les femmes dans les sphères de décision et dans les partis politiques. D’ailleurs de nombreuses ONG en font un critère de partenariat avec certaines formations associatives. Quoiqu’il en soit, le combat pour l’insertion des femmes en politique reste un combat de longue haleine, au regard des nombreux préjugés socioculturels sur lesquels reposent la discrimination des femmes. De ce fait, un travail de sensibilisation assorti d’initiatives fortes assurant la visibilité des femmes apportera une avancée notable pour l’implication réelle des femmes en politique.

Dr Madeleine KABORE épouse KONKOBO
Chercheure ( INSS/CNRST )

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Vos commentaires

  • Le 10 février 2016 à 14:53 En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    A quand la femme au pouvoir !
    Lorsque les femmes arrêteront de se jalouser pour des broutilles et s’uniront lorsqu’elles laisseront de côté leurs chichis et se battront pour l’essentiel
    Lorsque les femmes arrêteront de compter sur les hommes pour leur accorder ce qu’elles méritent ou croient mériter !!

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  • Le 10 février 2016 à 15:09, par Touba En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Madame KONKOBO, mieux les femmes ont elles mêmes boudé l’occasion d’avoir une femme présidente du faso. La suite vous la connaissez. Peut être que les femmes ont reçu des consignes de vote venant des hommes. Quelqu’un disait que l’esclave qui n’assume pas les moyens de sa libération, ne mérite pas qu’on apitoie sur son sort. Seul la lutte libère.
    La femme qui lutte arrivera.

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  • Le 10 février 2016 à 15:53, par Gaël En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Merci pour la sensibilisation. Le quota genre est certes un moyen de promotion de la femme mais je dis bien mais. Le quota ne peut garantir la pérennité de la présence des femmes dans les sphères de décision. Un politique d’égalité de droit et de compétence serait la voie royale de promotion, car sans compromis et compromission. Dans les années 1990 a émergé le concept de discrimination positive pour ne pas dire « favoritisme » des filles pour les bourses au secondaire et aujourd’hui où en sommes-nous ? Aux élections passées, il y avait deux femmes candidates. Les deux femmes ont obtenu des scores epsiloniques qui ne peuvent être expliqués au regard du nombre de femme numériquement supérieur aux hommes et du fait que ces deux représentent l’ensemble des femmes. Si on se tabler si l’affinité ou préférence pour l’explication, alors pour les poste nominatif ou de représentation, c’est le même principe, c’est des choix

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  • Le 10 février 2016 à 16:32, par leregard En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Je ne sais pas par quel bout commencer. La question s’invite régulièrement dans les débats. A mon sens, il faut partir depuis la base (les causes). D’abord au niveau de l’organisation sociale traditionnelle de toutes les communautés nationales du Faso. Quels "handicaps" font que la femme est "reléguée" à l’arrière plan ? Quels rôles les femmes jouent-elles dans cette situation qu’elles vivent et qui font d’elles ce qu’elles sont aux yeux de la société ? Ensuite, en proportion par rapport au poids démographique soit de la population totale ou de la population féminine au Faso, combien sont scolarisées ? Combien de femmes atteignent des niveaux d’instruction qui leur permettent de se soustraire des pesanteurs socio-culturelles et d’avoir une opinion indépendante. Combien se sentent-elles frustrées ? Je crois que le travail doit partir de ces constats et bien d’autres afin de trouver les voies de promouvoir la femme burkinabè. Encore faut-il que cela soit sa préoccupation. Je e parle pas des quelque femmes instruites et militantes et vivant en ville, mais de la grande majorité des femmes du Faso. De la même manière, la grande majorité des hommes au Faso sont totalement en dehors de la chose politique. Il n’y a quelques individus, pour des raisons variées qui animent la vie politique depuis bien longtemps. Pour ma part, une voie rapide, c’est d’instaurer une discrimination positive : établir un programme qui favorise la scolarisation des filles avec un horizon temporel donné, au bout duquel au Faso il aura autant de petites filles que de petits garçons inscrits à l’école à quelque niveau que ce soit. La deuxième voie, c’est de donner à la politique un autre visage que celui aujourd’hui majoritairement partagé par les burkinabè : le mensonge, la calomnie et un lieu où tous les coups sont permis, etc. au lieu que ce soit un lieu noble où chaque citoyen a le loisir de proposer un projet de société qu’il pense être le meilleur pour le Faso, un lieu d’échanges et de partages d’idées etc.
    Il y a à la fois un travail à faire au niveau des femmes, et des communautés pour un changement des mentalités et aussi un autre pour transformer les arènes politiques en des lieux de débats d’idées et non des lieux de combats de gladiateurs.

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  • Le 10 février 2016 à 17:12, par PAR LUI En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Combien de femmes ont voté la femme Saran Séré Sérémé ? Quittons les débats théoriques svp

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  • Le 10 février 2016 à 17:18 En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    "Il importe également d’aider les femmes à asseoir une organisation faitière nationale des femmes du Burkina Faso, avec un bureau exécutif et des structures déconcentrées dans les différentes provinces sous l’égide du ministère de la promotion de la femme et du genre. Ceci accroitra sans doute la visibilité des femmes, et partant, leur capacité à entreprendre et à s’impliquer dans la gestion de la chose publique"

    Voilà ce que je retiens de plus intéressant de tout ce texte, car vous n’avez rien apporté de nouveau au débat.
    La prochaine fois, faites attention à bien écrire les noms de gens : Ellen Johnson Sirleaf et non "Hélène SHERLEAF" ; Cathérine Samba-Panza et non "Cathérine PANGA".

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  • Le 10 février 2016 à 17:39 En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Yes, "Bonheur". Bon courage.

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  • Le 10 février 2016 à 17:53, par kajo En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    "Au niveau du gouvernement, on compte de plus en plus de femmes à des postes ministériels. Mais il reste un effort important à consentir de la part de tous les acteurs politiques pour assurer une pleine participation des femmes en politique. Cela passe nécessairement par une série de mesures dont l’application garantira des résultats probants".
    Le gouvernement de l’ex-régime Blaise COMPAORE avait promis octroyer des bourses d’études au futures jeunes filles titulaires de bac série scientifique. A propos qu’en est-on exactement de ce projet dans le programme de Paul THIEBA ?. Mesdames, battez-vous pour que cette promesse soit une réalité aujourd’hui.

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  • Le 10 février 2016 à 18:10, par Alexio En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    La faute de la position de la femme est dabord cette structure patriarcale de notre societe du analphabetisme et une politique discriminatoire et d exclusion sosiale qui renvppoie la femme dans le foyer pour les travaux domnestiques. La reine Guimbi Ouattara a fait valoir ses competances en demontrant que la femme a les memes registres intellectuels que les hommes. Il est grand temps de cesser de copier la France dans ce domaine. Une mauvaise strategie pour l integration et la chance de la femme dans tous les secteurs de l Etat.

    La democratie est pour tous. Et non pour un seul genre qui depuis l independance du pays a nos jours. Le bilan, les coups d Etat et ses hordes d assassinats politiques.

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  • Le 10 février 2016 à 19:04, par Ben En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Madame il faut que l’on se dise la verite. Vous etes doctor n’est ce pas ? Comment aviez vous pour arriver laba ? C’est votre travail, votre courage et votre determination a reussir pendant de longue annee a l’ecole et a l’universite. Pour etre president c’est le meme scenario, il faut se batter et avoir le courage de ces ambitions, prendre le temps qu’il faut. Rien ne gratuity dans ce monde. Meme au USA ou je vie et travail j’ai pas encore vue une femme president, mais ca va arrive un jour. Depuis 12 ans que je travail comme engineer, toutes mes boss sont des femmes. J’ai beaucoup de respect pour les femmes. Vous etes capable et faitent mieux que les homes si vous y croyez. Que Dieu benise les femmes du BF.

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  • Le 11 février 2016 à 07:56, par Yennega En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Merci Dr Kabore pour votre analyse. Je suis femme et aussi dans le domaine de la recherche. J’avoue que ce n’est pas facile. Après le combat pour arriver au plus haut sommet c’est un combat encore qui continue au foyer pour pouvoir faire valoir aussi ses droits et exercer pleinement son métier. Beaucoup d’hommes aiment leur femmes mais la préfèrent soumises et souvent effacées donc ne préfèrent pas qu’elles accèdent à de postes de responsabilité quelques soit le niveau de leur femme ou du niveau qu’ils ont. J’ai compris alors que c’est un combat perpétuel de toute femme, celle du village ou celle qui a un titre de Docteur, c’est toujours à peu près le même combat. D’autres femmes ont combattus avant pour accéder au droit de vote, à l’éducation, au droit de travail et aux autres droits. Par conséquent, nous devons continuer le travail et pouvoir se hisser dans les grandes sphères pour pouvoir espérer changer aussi quelques choses pour nos filles et ainsi de suite. Continuons le combat et le soutien aux autres femmes car c’est une lutte perpétuelle pour changer les choses dans nos sociétés !

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  • Le 11 février 2016 à 09:13, par Barkbiga En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Bonjour Madame KONKOBO
    Merci, pour votre contribution , c’est une thématique qui m’intéresse en ce sens que j’ai consacré mon mémoire de maitrise en sociologie à l’université de Ouagadougou sur la question qui reste un sujet d’actualité et complexe à la fois. je viens de soutenir mon master II le 27 janvier 2016 sur la même problématique, mais au regard de ce qui précède, j’arrive à la conclusion qu’ au delà des contraintes évoquées dans le contexte burkinabé, la volonté politique demeure essentielle pour résorber les inégalités dans le domaine politique.voici ce qu’en dit Thomas Sankara ‘‘l’euphorie des indépendances a oublié la femme dans le lit des espoirs châtrés ;(…) absentes des décisions, vulnérables donc victime du choix, elle a continué de subir la famille et la société. La libération de la femme est une exigence du futur(…). Si nous perdons le combat pour la libération de la femme, nous aurons perdu tout droit d’espérer à une transformation positive supérieure de la société "

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  • Le 11 février 2016 à 13:11, par Bons En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Dr KONKOBO, votre bibliographie est incomplète. Alice TIENDREBEOGO pour ne citer que son cas devrait y figurer pour avoir publier un article dans ce sens et avoir écrit un livre sur "Etre femme et ministre au BF" Merci

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  • Le 11 février 2016 à 16:53, par yé ! En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Le gouvernement japonais compte 20 membres. On y compte 3 femmes. Soit 15%. Donc au Burkina nous ne vivons pas la pire des situations. A noter qu’au Japon, le portefeuille de ministre de la promotion de la femme est détenu...par un homme !

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  • Le 11 février 2016 à 20:06, par CONTRIBUTION En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Mme, merci pour l approche ancienne et nouvelle. Une question ? Avec Quelle paradigme les femmes analysent -t-elles mêmes leurs relations à la poloitique ou à la vie dans leurs foyers ? est ce toujours la faut²es aux hommes ? Aux gouvernants ??? dites moi est ce que les intellectuelles comme vous parlent elles toujours de ce fameux Nassongo ? oui ou non ?? Mr KONKOBO si il est franc il nous comprendra. Si oui est ce que vous n etes pas heureuses de voir toujours cette histoire de Nassongo echoir aux hommes ??? lors que nos braves maman au village triment pour satifaire les besoin de la famille ??? Arretez ce débat dépasse et travailler à vous imposer plutôt que d attendre des faveurs la ou même les paradigmes occidentales n ont rien résolue a priori.
    Me ce siècle appartient à tous bien que nous n ignorons les fameux pesanteurs dont vous parlez. C es pesanteurs c est surtout pour les femmes de mon village et non pas pour vous qui savez toujours tirez la couverture la ou ca vous arrange et fuir a grande enjambée vos devoirs quand ils vous interpellent. Pardon pensons aux pour qui sont au village et laissons le mérite des hauts postes a celle qui le méritent. D ailleurs vous méritez la ou vous êtes et ce n est par quota que vous y etes

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  • Le 11 février 2016 à 21:45, par Sidnoma En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Merci internaute contribution pour votre riche apport par rapport a l’article de dame Konkobo.
    Je suis tout a fait d’accord avec votre position. Je suis femme, mais j’ai la poule de chair quand je vois que les femmes même se disant intellectuelles attendent l’ascendance d’autrui. Personne ne viendra donner une place de choix en politique ou dans d’autres domaines aux femmes. C’est a elles de se battre pour leur place et la mériter. L’affaire de quota n’est que du favoritisme a bannir car cela ne fait pas honneur a la femme.
    Les femmes occidentales se sont battus pour être la ou elles sont présentement(droit de vote, occupation de métier autrefois dévolu aux hommes). Personne n’a lutte a leur place.
    Lors des fêtes de 8 mars quelles femmes intellectuelles ou instruites ont pose des actes forts en terme de revendications ou chercher a affranchir nos braves mères dans les villages, si c’est pas le giangoba. En un mot, les femmes doivent se battre et mériter leur place en politique ou ailleurs. On ne saurait rester chez soi et vouloir occuper une place en politique, c’est incongru. Il faudrait plutôt dans l’avenir publier des articles qui rendront les femmes plus degourdites et non pas des passionnes de facilite. Seule la lutte paye et libère. Webmaster laisse passer

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  • Le 12 février 2016 à 22:28, par Lassa En réponse à : Femme gagnera-t-elle le pari en politique au Burkina Faso ? A quand la femme au pouvoir !

    Madame merci pour cette étude de qualité. Il faut des productions scientifiques de la sorte pour faire avancer la question de la participation politique des femmes. Il est impératif de s’assurer qu’une majorité de citoyens détient les outils intellectuels, moraux, les aptitudes et les attitudes nécessaires à une participation avisée aux affaires publiques pour défendre leurs droits tout en accomplissant leurs devoirs et en assurant la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance. Depuis quelques années, les organisations de femmes ont peu à peu intégré un nouveau vocabulaire dans leurs activités quotidiennes. Elles se disent « responsables », « solidaires » ou, a minima, « durables » et défendent des valeurs « éthiques », « équitables », voire de « justice sociale ». Certaines se disent même « citoyennes » voire « démocratiques ». Cette évolution s’est faite à la fois sous la pression de critiques de plus en plus fortes vis-à-vis des grandes entreprises et par à la volonté d’acteurs émergeant cherchant à entreprendre selon de nouveaux modèles et de nouvelles valeurs. L’objectif de votre travail n’est pas de juger, de valider ou de rejeter quoique ce soit, mais plutôt de prendre au mot les différents acteurs de notre société.
    Lors des élections couplées de décembre dernier, la participation massive des femmes, amène plusieurs personnes à s’interroger sur le rôle des femmes au sein des partis politiques : sont-elles essentiellement des électrices ou des militantes à part entière qui peuvent également se faire élire ? Au vu des différentes statiques, le constat général est le suivant :
    • Faible représentation des femmes sur la liste des candidatures ;
    • Mauvais positionnement des femmes sur les listes ;
    • La majorité des femmes sont positionnées en 2ème et 3ème position ;
    • Les partis qui ont positionnés beaucoup de femmes sont généralement des jeunes partis qui n’ont pas pu couvrir tout le territoire ;
    • Plusieurs participent aux élections. Parmi eux certains n’ont pas de femmes sur leur liste.
    Soyons positives en ces temps qui courent et redessinons un visage « humain » dans notre société, soyons à l’écoute et allons à la rencontre de l’autre, voilà ce qui est à la portée de chacune et qui être le fondement même de notre engagement. Les défis sont nombreux et la société ne peut se construire sans les femmes !
    Formons des parcours de femmes, exprimons la parole féminine par-delà les préjugés, regroupons les énergies, fondons une voie sans faille et une voix qui porte comme projet l’avenir de la société.
    Dr Madeleine KABORE/KONKOBO sincèrement merci pour cette contribution.

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