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Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • • vendredi 25 septembre 2015 à 23h26min
Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

Après la crise du coup d’Etat du 16 septembre, le gouvernement de transition, presqu’au grand complet avec seulement deux absences enregistrées, a tenu ce vendredi 25 septembre 2015 à la Primature, l’ancien palais présidentiel de Koulouba, son premier conseil des ministres présidé par Michel Kafando.

Quatre heures. C’est le temps qu’a duré ce vendredi 25 septembre 2015 le premier conseil des ministres du gouvernement de transition post coup d’Etat. Visiblement, les ministres étaient très contents de se retrouver après le putsch du 16 septembre. Passé le temps des retrouvailles, ils ont dû rapidement s’attaquer aux nombreux dossiers brûlants qui les attendaient.

« Nous avons examiné la situation qu’a connue notre pays la semaine écoulée. Nous avons pris des décisions importantes allant dans le sens de résoudre définitivement la crise que connaît le pays, allant dans le sens de remettre en marche l’appareil de l’Etat, donner plus de sérénité à la continuité de l’administration et donner un nouvel élan au processus de transition afin que notre mission première qui est l’organisation des élections dans notre pays puisse se faire dans les meilleures conditions », a indiqué le Premier Yacouba Isaac Zida au sortir du conseil.

Le chef du gouvernement de transition a été amené à se prononcer sur d’autres préoccupations. Sur le problème du Régiment de sécurité présidentielle, il laisse entendre que la question a été abordée au cours du conseil des ministres, exhortant les journalistes à attendre le compte rendu du conseil pour de plus amples informations. Mais, quelle décision a-t-elle été prise : désarmement ou dissolution ? lance un confrère. « Peut-être les deux à la fois, désarmement et dissolution, pourquoi pas ? », réplique le PM Zida. Mais, dans quel délai ?, insiste un autre confrère.
« Immédiatement », a assuré le chef du gouvernement qui se veut rassurant sur le processus de désarmement et d’encasernement des éléments du RSP, excluant les menaces que pourraient encore représenter les hommes du général Gilbert Diendéré.

A ce sujet, voici les sentiments de Zida :« Je puis vous assurer qu’il n’y aura pas de danger avec le Gal Diendéré et ses hommes. Toutes les dispositions sont prises pour que les éléments puissent déposer les armes et que véritablement le processus de désarmement et d’encasernement puisse se conduire dans les meilleures conditions. Ceux qui auront à répondre devant la justice, vont répondre devant la justice ; ceux qui auront à continuer une carrière militaire normale dans d’autres contextes, vont continuer leur carrière normalement. De mon point de vue, il n’y a véritablement pas de danger ».

Le couvre-feu toujours en vigueur

Il n’y a plus de menaces avec le RSP mais la sécurité de la capitale et du pays reste l’une des priorités majeures du gouvernement. Pour ce faire le couvre-feu restera encore en vigueur pendant quelques jours. Du reste, c’est dans un dispositif sécuritaire renforcé que s’est tenu le présent conseil qui a connu par moments la présence du chef d’état major général des armées, le Général Zagré. Sur le choix du lieu de la tenue du conseil à la Primature au lieu de Kossyam, Zida explique : « Nous sommes là dans un cadre beaucoup plus tranquille et beaucoup plus serein après les événements que nous avons connus la semaine dernière à Kosyam. Kosyam, ce n’est pas forcément qu’il y a encore des problèmes, il n’y a pas de problèmes à Kosyam actuellement, mais en attendant que beaucoup de choses se précisent, nous avons préféré être ici dans un esprit beaucoup plus serein pour travailler ».

Pas encore de date pour les élections

Revenant sur les événements de la semaine écoulée, le chef du gouvernement a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête qui va travailler « de façon très professionnelle pour nous dire qui est acteur, qui a fait quoi et quel est le degré d’implication de chacun ». Assurant que la justice aura à faire son travail après les conclusions de ladite commission d’enquête.
En revanche pour les élections, aucune date n’a été arrêtée par le gouvernement pendant ce conseil. Le Premier ministre Zida insiste sur la nécessité de remettre l’administration en marche et d’échanger avec tous les acteurs du processus électoral.

Enseignements tirés de la crise par les ministres kidnappés

Pour cette crise du putsch du 16 septembre, Yacouba Isaac Zida tire cet enseignement : « Ce que je retiens, c’est que la construction de la démocratie pour des pays comme le nôtre n’est pas une chose aisée. C’est difficile. Cela demande beaucoup de persévérance parce que l’adversité est là. Dans tous les cas, nous avons besoin d’être persévérants pour arriver à mettre en place une démocratie parce que ce sont les aspirations de nos peuples. Personne ne peut imaginer un peuple qui soit là et qui accepte d’être gouverné par des putschistes et encore moins le peuple burkinabè ».

Le ministre du travail et de la fonction publique Augustin Loada et son collègue de l’Habitat et de l’Urbanisme, René Bagoro, qui ont été arrêtés pendant le putsch sans comprendre pourquoi, imaginent que cela est dû à leur qualité de juriste. « J’ai pu imaginer à travers les vociférations de certains ravisseurs, qu’ils en voulaient particulièrement à ma personne et à celle du collègue en charge de l’Habitat parce qu’ils considéraient que nous étions des ministres juristes qui donneraient de mauvais conseils aux plus hautes autorités de l’Etat. Ils considèrent que nous serions à la base des dispositions juridiques qui excluraient leurs partisans du jeu électoral », a confié le ministre Loada. Pendant que René Bagoro laissait entendre : « On estime que c’est dû à notre engagement dans la société civile ou aussi à notre qualité de juriste, parce qu’apparemment ils en avaient gros contre le Code électoral ».

Les deux absents des retrouvailles gouvernementales

Deux ministres n’étaient pas des retrouvailles du gouvernement de transition. Il s’agit du ministre des enseignements secondaire et supérieur, le Professeur Michel Filiga Sawadogo et le ministre délégué à la sécurité, le Colonel Sidi Paré. Si pour le premier, on explique qu’il a été bloqué à Paris, faute de vol, pour le second les explications tardent. « Je vous disais que le compte rendu du conseil des ministres de ce soir donnera certains détails. Permettez qu’on puisse passer sur cette question », a lâché sur ce sujet le Premier ministre Zida.

Mais, en attendant le compte rendu du conseil des ministres, certaines indiscrétions indiquent que le ministre Paré aurait collaboré avec les putschistes, qu’il aurait été vu en tenue militaire dans un grand hôtel de la place en compagnie des auteurs du putsch. Vrai ou faux ? Le compte rendu du conseil des ministres nous situera.

Grégoire B. Bazié
Photos : Bonaventure Paré

Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 26 septembre 2015 à 04:29, par Maurice En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    LE PEUPLE VOUS SOUTIENT POUR UN VRAI ENCRAGE DE LA DEMOCRATIE.

    VIVE LE BURKINA POST COUP D’ETAT.

    Maurice

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  • Le 26 septembre 2015 à 05:52, par john En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Les traitres n’ont jamais volé haut et le sinistre paré l’apprendra à ses dépens. Vite qu’on nous ramène le valeureux Barry comme Ministre de la sécurité.

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  • Le 26 septembre 2015 à 08:08, par JB. LE MALIEN En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Merci les frères burkinabe pour le combat pour la démocratie et la liberté

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  • Le 26 septembre 2015 à 08:10, par gaston En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    J’ avais ete profondement déçu par la médiation de macky salle. Aujourd’hui je me réjouis du combat de notre peuple. Bravo a Michel kafando et a tout le gouvernement pour les décisions prises pour remettre le pays sur la voie de la démocratie. Restons mobilisés et vigilant pour accompagner cette action forte du gouvernement.. Jeunesse du burkina, nous pouvons changer l’avenir de ce pays en sortant massivement pour voter de maniere intelligente le futur president du burkina faso

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  • Le 26 septembre 2015 à 09:08 En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Je ne sais pas où va le Burkina Faso avec les autorités de la transition ?
    Parce que le Colonel Sidi PARE a été vu en tenue militaire dans un grand Hôtel de la capitale avec les éléments du RSP, ça suffit pour le taxer de partisan du putsch ? C’est vraiment trop léger. C’est pire que sous la Révolution. Où vont dans ces circonstances les autorités de la transition ? Nous ne sommes toujours pas sortis de l’auberge. Mais pourquoi autant de haine et de haineux dans notre pays ?

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  • Le 26 septembre 2015 à 11:16, par acerbe En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Quid des SG qui ont trahi le peuple en allant courber l’echine et sympathiser avec les putschistes pendant que le peuple résistait, donnant leurs vies pour la démocratie....nous voulons des comptes...

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  • Le 26 septembre 2015 à 11:46, par oued the citizen En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Bravo au Gouvernement Légitime du Faso. Les traitres et et leurs complices paieront cher leur forfaiture à leurs dépens. Nul ne pourra se soustraire de la rigueur et de la fermeté de la loi. Chacun répondra devant les hommes intègres des faits qui lui seront reprochés. Restons unis et vigilants pour barrer la route à tous ces usurpateurs, imposteurs et ennemis du BURKINA FASO. Les masques étant tombés nous commençons à identifier les vrais pyromanes et les bourreaux de notre cher Faso.
    A BAS LES TRAITRES !
    A BAS LES ENNEMIS DU BURKINA !
    VIVE LE PEUPLE BURKINABE !
    LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS !

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  • Le 26 septembre 2015 à 11:58, par elouss En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    J’espère que mercredi prochain, ce sera le débarquement de tous les SG de ministères ayant choisi de s’agenouiller chez le Général alors que tout le peuple était en résistance ? D’ailleurs beaucoup étaient du CDP et n’avaient pas été remplacé par pragmatisme. C’est maintenant !

    Répondre à ce message

  • Le 26 septembre 2015 à 12:45, par oued the citizen En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Bravo au Gouvernement Légitime du Faso. Les traitres et et leurs complices paieront cher leur forfaiture à leurs dépens. Nul ne pourra se soustraire de la rigueur et de la fermeté de la loi. Chacun répondra devant les hommes intègres des faits qui lui seront reprochés. Restons unis et vigilants pour barrer la route à tous ces usurpateurs, imposteurs et ennemis du BURKINA FASO. Les masques étant tombés nous commençons à identifier les vrais pyromanes et les bourreaux de notre cher Faso.
    A BAS LES TRAITRES !
    A BAS LES ENNEMIS DU BURKINA !
    VIVE LE PEUPLE BURKINABE !
    LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS !

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  • Le 26 septembre 2015 à 13:20, par acerbe En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Quid des SG qui dinaient avec les putschistes pendant que le vaillant peuple se faisait tirer dessus pour défendre la démocratie. Ils voulaient être calife à la place du calife...j’espere qu’ils répondront de leur trahison de la lutte..d’autant plus que les ministres, avec un Canon de fusil à la tempe ont refuser de se soumettre à la forfaiture....

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  • Le 26 septembre 2015 à 13:57, par WELL En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Le Burkina Faso est libre pour toujours ! Le Burkina Faso est vraiment le pays des hommes intègres ! Je suis très fier d’être Burkinabè ! Le monde entier parle des Burkinabè. Tout le destin de l’Afrique s’est joué au Burkina Faso !
    Félicitation et courage a tous les Burkinabè et aux hommes et femmes partout dans le monde qui ont nous ont accompagnés dans le dernier combat pour la démocratie et la libération de Burkina Faso !
    Je crois que la CEDEAO devrait avoir honte de leur tentative de sombrer notre pays avec des décisions mal éclairées, partiales !
    A Dieu soit la gloire et l’action de grâce pour l’éternité ! Amen !

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  • Le 26 septembre 2015 à 14:22, par Alexio En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Denise Barry du MADTS avait tout premediter apres son depart du Gouvernement. L arbre voulant cacher la foret a ete eclaire au grand jour. La raison et la fierte lui revient.

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  • Le 26 septembre 2015 à 21:07, par atab En réponse à : Priorités du gouvernement post coup d’Etat : Sécuriser le pays et remettre l’administration en marche

    Fixer la date des èlections et organiser des èlections transparentes et sans deal avec certains partis. La transition fait partie des problèmes et vous voulez trainer le pas et voler le peuple mais en tant opportun, le peuple fera le bilan de la transition et condamner aussi les fautifs .

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  • Le 27 septembre 2015 à 12:05, par Ibrahima SENE PIT/SENEGAL En réponse à : Coup d’Etat au Burkina : la CEDEAO à la croisée des chemins

    Coup d’Etat au Burkina :
    La CEDEAO à la croisée des chemins !

    Trois jours juste avant le Coup d’Etat au Burkina Faso, le 16 Septembre, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO se sont réunis a Dakar, le Samedi 13 et le Dimanche 14 Septembre 2015, à l’invitation du President Macky Sall, qui la préside, pour se pencher sur la situation politique et sécuritaire dans la sous région, en relation avec les élections qui y sont programmés.
    Aucune réunion de la CEDEAO n’a jamais été autant opportune, et prémonitoire.

    Cette réunion traduisait la pleine conscience qu’ont eue les Autorités politiques de la CEDEAO, des germes de déstabilisation de la sous région qui sont en gestation dans les échéances électorales programmées.
    Le Coup d’Etat qui est donc intervenu dans ce pays, ne peut, en aucun cas, les avoir surpris.
    Dans ces conditions, la CEDEAO, et l’Union Africaine devaient non seulement condamner fermement cette grave interruption du processus électoral au Burkina par un Général félon, mais aussi exiger son départ immédiat du pouvoir pour le restituer au Président et au Gouvernement légitimes de la Transition, et préconiser des sanctions politiques, économiques et judiciaires exemplaires contre lui et ses acolytes.
    La allait être un signal fort envoyé à tous les " apprentis faiseurs de Coup d’Etat" dans la sous région, pour dissuader ceux qui seront tentés par la même aventure, dans les autres pays qui préparent des élections dans le court terme.
    Cependant, l’on a eu deux attitudes différentes de la CEDEAO et de l’Union africaine. La première a opté pour l’apaisement afin de baliser le terrain à un compromis entre putschistes et autorités de la transition, alors que la seconde avait opté pour une condamnation ferme du coup d’Etat, le retrait des militaires et des menaces de sanctions ciblées.
    Au nom du principe de la subsidiarité, la CEDEAO a senti l’Union africaine lui « marcher sur ses plate bandes » tout en risquant, par ses menaces, de radicaliser les putschistes qui ont imposé des rapports de force défavorables aux autorités de la transition, dont le Président et le Premier Ministre sont arrêtés, et un couvre feu sanglant établi.
    La CEDEAO avait pleine conscience de la nature des forces qui ont fait le coup d’état. Elle connait bien le Général Diendéré qui est, avec quelques personnalités de son entourage, une pièce maitresse du dispositif de la Françafrique, mais aussi de l’OTAN et plus précisément de l’AFRICOM.
    Récipiendaire de la légion d’honneur de la France, Dienderé est aussi est un acteur majeur des manœuvres Flintlock et des opérations américaines dites de contre-terrorisme dans le Sahel.
    Il supervise la base secrète des drones Creek Sand de l’aéroport de Ouagadougou et le service de renseignement Aztec Archer de l’ambassade des États-Unis.
    Il est aussi, avec son groupe dénommé « Régiment de Sécurité Présidentielle » (RSP), le bras armé du régime de Compaoré qu’il a su exfiltrer vers Abidjan, avec l’aide de la France, pour qu’il échappe à la furie de l’insurrection populaire d’Octobre 2014 qui l’a chassé du pouvoir.
    La tâche de la CEDEAO était donc de savoir, comment faire pour que ce puissant Général félon, directement concerné par la " traque des assassins de Thomas Sankara, et des bourreaux du peuple Burkinabé » lors de sa « Révolution d’Octobre 2014, ne puisse continuer à empêcher que le processus électoral et le processus judiciaire aillent jusqu’au bout sous l’autorité des organes légitimes de la Transition, en évitant de plonger le pays dans un bain de sang..
    Mais les premiers pas de la médiation de la CEDEAO menée par les Présidents Macky Sall et Yaya Boni, tout en créant un climat social apaisé, ont ouvert la voie à l’atteinte des objectifs politiques des putschistes, en leur donnant la « tête » du Premier Ministre de la Transition qu’ils ont longtemps réclamée, la réintégration de certains partisans de Blaise Compaore exclus du processus électoral du fait de leur participation effective à son projet liberticide de révision de la Constitution, et dans les violences qu’ils ont occasionnées, la restriction des pouvoirs législatifs du Conseil National de Transition, et cerise sur le gâteau, un projet d’amnistie en leur faveur.
    Un tel projet de sortie de crise a soulevé, a juste raison, l’indignation et le rejet de la part des forces vives de la Nation, qui s’étaient mobilisées des les premières heures du coup d’Etat, pour affronter, dans la rue, les putschistes lourdement armés, qui ont fait 10 morts et des centaines de blessés .

    Les forces vives de la Nation Burkinabé, avec à leur tête, le Président du Conseil National de Transition( CNT) , qui est entré en clandestinité, ont profité de l’accalmie suscitée par l’arrivée des médiateurs de la CEDEAO, pour se réorganiser, paralyser l’économie du pays par une grève générale décrétée par « l’Union d’Action Syndicale », qui regroupe les principales organisations syndicales du Faso,, et gagner le soutien public des Forces Armées Burkinabé qui se sont mobilisées à leur côté, pour marcher sur la Capitale afin d’ y chasser les putschistes et réinstaller les organes légitimes de la Transition.
    C’est ainsi, qu’ avant même que les médiateurs de la CEDEAO ne rendent compte à Abuja de l’état de leur mission et de leur projet de sortie de crise, les rapports de force sur le terrain qui avaient présidé à l’élaboration de leur projet d’accord, ont évolué en défaveur des putschistes , et le rendaient caduc.
    C’est cette nouvelle situation que la réunion extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, à Abuja, a pris en compte, en demandant aux putschistes de remettre le pouvoir aux autorités légitimes de la Transition, de " se désarmer", de regagner leur base, tout en laissant à de celles-ci , l’appréciation du sort qu’elles voudraient leur réserver, et la suite à donner à la question de l’exclusion des certains partisans de Compaoré du processus électoral.
    La CEDEAO venait ainsi de se sauver la face devant l’opinion africaine et internationale, en conformité avec les exigences formulées par la Commission de l’Union Africaine, dès le début du putsch.

    Le peuple Burkinabé vient ainsi d’administrer, de la plus belle manière , aux peuples de la sous région et du reste du continent africain, une seconde leçon de dignité et de détermination, après celle découlant de la « Révolution d’Octobre 2014.
    Ceux qui ont rêvé de la restauration du régime de Compaore, viennent d’apprendre à leurs dépends, que l’on ne défie pas impunément la volonté d’un peuple qui est décidé à prendre son destin en main.

    Les plats " regrets" que le Général félon a présentés à l’opinion, en est une parfaite illustration.
    Les mesures prises contre les putschistes au cours du Conseil des Ministres extraordinaire que le gouvernement de Transition vient de prendre, marquent la véritable fin de la Transition inaugurée à près la chute du régime de Compaoré.
    En effet, après avoir renversé le gouvernement et dissout l’Assemblée nationale pour mettre en place une « Charte Nationale de la Transition », un « Conseil National de la Transition » qui a nommé le Président et le Premier Ministre de la Transition, et approuvé la composition du gouvernement, il ne restait que de mettre hors d’état de nuire le bras politique ( le CDP qui est le Parti de Compaoré) et le bras armé (qui est le RSP) , de ce régime déchu.
    Le nouveau Code électoral, en excluant certains des leaders du CDP qui sont convaincus d’implication directe dans les tentatives de violation de la Constitution pour imposer un nouveau mandat pour le Président Compaoré, a eu raison de ce bras politique devenu un « cheval de Troie » pour baliser le retour de son mentor déchu en exil à Abidjan, puis , aujourd’hui, au Maroc.
    Mais, c’est le Conseil des Ministres extraordinaire qui vient de mettre fin au « bras armé » de ce régime vomi, en prenant un Décret de dissolution du RSP, son désarmement, suivi de la mise en place d’une « Commission d’enquête » sur le putsch, et d’une procédure judiciaire ouverte par le Procureur Général de la République, contre les responsables du RSP et du CDP impliqués, et le gel de leurs avoirs dans les banques.
    Ainsi, ce , putsch, qui visait à mettre un terme à la Transition, a permis, grâce à la mobilisation et à la détermination des forces vives du peuple Burkinabé, de la parachever de la plus belle manière.
    Le régime de Compaoré est définitivement éradiqué du Burkina, et est remplacé par un nouveau qui porte les germes d’une République démocratique, citoyenne et de justice sociale.
    Pour ce faire, les forces vives du Burkina ont su admirablement dépassé les clivages artificiels en leur sein entre « Droite et Gauche », ou entre « Partis politiques et Sociétés civiles », et/ou entre « militaires et civils », pour constituer, autour des Autorités de la Transition, un large front patriotique, républicain, démocratique et citoyen de justice sociale, afin de réaliser la « Révolution d’Octobre 2014 » et la mener jusqu’au bout en Septembre 2015.
    Mais, la Révolution ne démarre effectivement, que lorsque les Révolutionnaires sont au pouvoir.
    Au Burkina, ils viennent de contrôler totalement le pouvoir, qu’ils ont décidé de transmettre par voie électorale, dans laquelle, les autres composantes non politiques de ce large front des forces vives Burkinabé, se sont volontairement exclues, en se proposant de devenir les « sentinelles » des aspirations du peuple.
    Ce faisant, la « Révolution » risque « démocratiquement » d’être déviée de ses objectifs en reproduisant, après les élections, le régime honni de Compaoré sous de nouvelles formes.
    Ce risque grave à intégrer, devrait amener les forces vives de la Nation à transformer le CNT en SENAT, pour participer au processus législatif, comme moyen de contrôle institutionnel de l’Exécutif et de l’Assemblée nationale.
    A cet égard, les forces vives la Nation Burkinabe devraient méditer sur le sort de la Transition en République de Guinée.
    Celles-ci ont laissé « aux politiques » le soin de gérer le pays après l’élection d’un Président de la République et des Députés à l’Assemblée nationale.
    Dans ce nouveau contexte post électoral, elles n’ont pas réussi à constituer « le contre pouvoir » dont elles rêvaient, balisant ainsi le terrain à la restauration d’un Etat despotique convoité par des Partis politiques organisés sur des bases ethniques, qui jettent ce pays dans la violence et le risque d’implosion.
    Les forces vives de Guinée ne se sont pas battues avec tant de sacrifices contre Lansana Conté et Dadis Camara, pour voir, aujourd’hui, leur peuple se déchirer et leur pays s’acheminer vers un abime certain.
    Les forces vives du Burkina devraient donc prendre la pleine mesure de l’étape actuelle de leur Révolution, pour la sécuriser avec des moyens institutionnels, et non plus seulement informels.
    A cette étape de la Révolution Burkinabé, c’est le seul moyen de veiller à la restitution au peuple, de sa souveraineté pleine et entière sur ses Institutions, et sur les hommes et femmes qu’il a choisis librement pour exercer le pouvoir en son nom.
    Les forces vives du Burkina viennent aussi d’administrer la preuve, que les organisations d’intégration sous régionale ne peuvent plus prendre des mesures unilatérales contre la volonté des peuples concernés.
    C’est un signal fort donné à tous les peuples d’Afrique, qu’il est possible d’instaurer leur souveraineté, non seulement sur leurs Institutions et leurs Elus, mais aussi, sur ces organes d’intégration.

    Pour la CEDEAO, c’est tout un boulevard qui est ainsi ouvert pour la lutte contre les APE, et pour une monnaie commune sous régionale en 2020, mettant ainsi fin au règne plus que cinquantenaire du Franc CFA dans les pays de l’UEMOA.
    Plus que jamais, la restitution de la souveraineté de nos peuples sur nos Institutions et nos Elus, et sur nos organismes d’intégration sous régionale et régionale, est à la portée de l’Unité des Forces Vives de nos nations.
    Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
    Dakar le 27 Septembre 2015

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