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Délestage : « Il faut ouvrir le marché à d’autres sociétés »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Électrification au Burkina • • jeudi 14 mai 2015 à 22h41min
Délestage : « Il faut ouvrir le marché à d’autres sociétés »

Ceci est une contribution d’un citoyen indigné par la sortie des Organisations syndicales de la Sonabel, au débat sur les délestages au Burkina. Il veut battre en brèche tous les arguments avancés par les Syndicats. Il se dit convaincu de la nécessité d’ouvrir le marché de l’électricité à d’autres sociétés. Lisez !

Dans sa déclaration publiée dans le Quotidien L’Observateur Paalga et sur le site internet du même organe de presse, les organisations syndicales de la Nationale de l’Electricité « donnent des éclairages sur la situation liée au service de l’électricité fournie par la société aux populations » du Burkina Faso. Selon eux, la Nationale de l’électricité est déficitaire. Certes, nous le concevons ! Mais étant déficitaire, il ne faudrait pas électrifier d’autres villages et localités car vous serez doublement voire quintuplement déficitaire. Je ne suis pas contre l’électrification des autres villages et localités mais, il faut être réaliste. C’est avec grand intérêt que j’ai lu, comme beaucoup d’autres citoyens et internautes, ladite déclaration. Cependant, il y a certains points sur lesquels il faudrait que la SONABEL revoie sa politique ou relise sa copie.

Depuis quelques décennies, les mois d’Avril à Juin sont un véritable calvaire, voire une torture pour la majorité des populations (vu que certains secteurs et quartiers ont l’électricité 365 jours par an) des grandes villes notamment Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Cela est du aux délestages intempestifs, incontrôlés, inopinés et anarchiques que la SONABEL opère à longueur de journée. Les différents programmes de délestage que la SONABEL publie sur divers canaux (journaux et internet) ne sont souvent pas (pour ne pas dire jamais) respectés. Que se passe-t-il ? On aimerait bien le savoir !

A Ouagadougou la capitale politique de notre pays, on a l’impression de se retrouver en pays profond qui n’est pas alimenté par l’électricité. Par moment, Ouagadougou ressemble à un jeu de lumière sur un sapin de Noel. Pour le cas de Ouagadougou en général et de certains quartiers en particulier, l’électricité est devenu un luxe pour certains citoyens quand bien même ils sont des abonnés de la Nationale d’électricité. Certains quartiers (que je me garde de citer) peuvent parfois faire 24h sans électricité. Le problème est que les factures arrivent toujours salées alors que le service de fourniture d’électricité n’est pas de qualité.
Dans d’autres quartiers, l’électricité vient soit en sous tension, soit en surtension ; parfois, c’est comme un clignotant d’automobile ou une guirlande lumineuse : ça vient, ça part, ça vient, ça part, ça vient, ça part. Conclusion ! Les appareils fonctionnant à l’électricité grillent ; même les onduleurs et régulateurs de tension ne sont pas épargnés. Par moment, les inverseurs de certains groupes électrogènes rejoignent le cimetière des équipements endommagés par la Nationale de l’électricité. Et que doivent faire les populations pour se faire rembourser les appareils « assassinés » par la SONABEL. Imaginez un tant soit peu qu’un citoyen paye son téléviseur écran plasma à environ 300.000FCFA et que la SONABEL le lui endommage quelques jours après à force de jouer avec le courant comme si c’était un feu orange clignotant…

Et pour se justifier, la SONABEL accuse soit le déficit, soit l’approvisionnement en DDO, ou encore la vétusté des groupes ; mieux elle nous envoie parfois la musique suivante : « L’interconnexion est interrompue à tel ou tel niveau (….) Tel pilonne est tombé, etc. ». Parlant de l’interconnexion ! Vous dites vous-mêmes que : Le réseau national interconnecté dispose aujourd’hui d’une puissance exploitable d’environ 250 MW (…) », et vous ajoutez « (…) vu la vétusté de certains groupes et des indisponibilités pour faute de pièces de rechange (longues procédures de passation des marchés), la puissance disponible est d’environ 160 MW pendant les meilleurs moments ». Pendant que la SONABEL se dit en déficit financier, ça roule pourtant dans des automobiles 4 roues motrices neuves et climatisées. Allez-y comprendre quelque chose !

Au lieu de renouveler votre parc automobile avec des pick-up neufs et climatisés, utilisez cet argent pour changer au moins un de vos groupes qui datent de l’âge de pierre (excusez le terme mais, c’est pour traduire l’âge avancé de ces appareils).
Ce qui me chiffonne et m’agace, les syndicats de la Nationale de l’électricité sont : « fermement opposés au projet d’installation d’un producteur privé qui doit revendre sa production à la SONABEL (…) ». Si ce producteur privé est capable de fournir aux populations un service de fourniture d’électricité de qualité, pourquoi ne pas le laisser s’installer ? Cela résoudrait ce problème de déficit de production et nous serions tous en paix pour travailler et faire évoluer le pays !

Les mêmes syndicats prétextent que le coût de revient du kWh dudit promoteur sera plus élevé que celui de la SONABEL. C’est préférable de payer le KWh même à 400FCFA et avoir de l’électricité 24h/24 et 7j/7, que de le payer à 140 ou 150F et de se retrouver sans électricité pendant des heures, voire des jours, et de voir ses appareils (payés au prix fort) endommagés par les tempêtes marines de la fourniture d’électricité.

Sachez que suspendre les pénalités de retard ne résous pas le problème !! Les 2000F de pénalités ne peuvent pas remplacer un téléviseur Plasma, un four à micro onde, un régulateur de tension, un ordinateur portable, pour ne citer que ces appareils. De plus, cette même somme ne peut pas payer des lunettes pour nous et nos enfants qui sont parfois obligés de travailler ou d’étudier avec des bougies ou des lampes torches. Cette même somme ne peut d’ailleurs pas payer une consultation chez l’ophtalmo et régler les ordonnances médicales. Pour votre gouverne, sachez qu’un collyre coutent parfois 2500 et une pommade pour les yeux atteint parfois 5000F !
Ce sont au finish nos enfants qui en pâtissent ! Comment voulez-vous qu’ils étudient et révisent le soir alors qu’il n’y a pas de lumière ? Comment voulez-vous qu’ils se concentrent en plein cours, pendant ces mois de canicule où le thermomètre affiche parfois 41°C, dans une classe de 40 ou parfois 120 pour les lycées publics ?
Par ailleurs, comment voulez-vous que le pays se développe alors que vous empêchez les citoyens de travailler ? Pendant les moments de délestages, ce sont les kiosques, maquis et débits de boissons aux alentours des services qui font le plein ! Puisque sans électricité, pas de boulot !!! Et c’est l’économie nationale qui en pâtit vu que même le secteur informel est durement touché par les délestages (soudeurs, réparateurs d’appareils électroménagers, etc.)

En outre, les commerçants de groupes électrogènes nous envoient des marchandises de toutes les couleurs (entendez par là du n’importe quoi parfois) et les populations ne savent plus à quel saint se vouer. Le solaire n’est pas à la portée de toutes les bourses. En tant que citoyen, je ne conçois pas de payer normalement mes factures et ensuite de ne pas recevoir l’électricité comme il se doit !

Pire, vous contribuez à l’insécurité routière vu que même les feux tricolores ne sont pas épargnés par les délestages ! Et que dites-vous des avenues plongées dans le noir ? C’est la porte ouverte aux agressions en tous genres : braquages, viols, etc.
Le solaire est une solution en ce qui concerne les feux de signalisation et l’éclairage public. Si vous êtes à l’origine des lampadaires solaires sur certaines artères de la ville, votre acte est louable et à encourager. Vous pouvez réduire vos charges en intégrant le solaire dans les villages et localités que vous envisagez électrifier. Dans le cas contraire, ouvrez le marché aux promoteurs privés. Il y a dix ans, les opérateurs de téléphonie offraient la minute de communication à près de 300F (incompressibles) la minute. De nos jours, avec la concurrence, on parle en terme de 1F/seconde voire même moins.

Je pense en toute sincérité qu’une société concurrente sera la bienvenue car, excusez du terme, vous vous êtes assez foutus de la population qui ne supporte plus ces délestages incontrôlés et surtout anarchiques !
Comme vous le dites si bien « L’électricité est un droit et non un luxe » et votre devoir à vous est de nous la fournir et si vous ne pouvez pas, soit vous ouvrez le marché, soit vous passez le flambeau !

Bien Cordialement,
Un citoyen indigné !

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