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Agence panafricaine Eau et assainissement (EAA) : Le personnel réclame le départ du secrétaire exécutif

Accueil > Actualités > DOSSIERS > A l’Eau l’Afrique, à l’Eau le Monde ! • • jeudi 26 juin 2014 à 00h42min
Agence panafricaine Eau et assainissement (EAA) : Le personnel réclame le départ du secrétaire exécutif

Le personnel de l’Agence intergouvernementale panafricaine dénommée Eau et assainissement pour l’Afrique (EAA) est en grève depuis le 24 juin 2014. Par cette action, les agents exigent le paiement des arriérés de salaire et le départ du secrétaire exécutif, Idrissa Doucouré. Ce, disent-ils, pour sauver l’institution de sa « situation financière catastrophique » actuelle.

Les employés de l’agence EAA ne sont pas contents de leur condition de travail. Ils ont tenu à le faire savoir le 24 juin 2014 par un débrayage. Par cet arrêt de travail, ils espèrent obtenir le paiement de leurs arriérés de salaire, trois mois pour certains et cinq mois pour d’autres. Ils tenaient également par cette action à dénoncer le mode de gestion du secrétaire exécutif, Idrissa Doucouré.

L’arrêt de travail était prévu pour une durée de 24 heures. Mais, les portes de la plupart des bureaux sont restées fermées ce 25 juin également. Ce mercredi, c’est sous un arbre à palabre, à quelques 300m du siège de l’institution EAA, que nous avons rencontré les agents. Là, ils discutaient de la conduite à tenir dans ce bras de fer qui les oppose au premier responsable de l’institution. Pourquoi ce lieu ? « Ce matin, on est arrivé trouver la police devant notre service, on a trouvé un monsieur (ndlr, le secrétaire exécutif) qui, au lieu de chercher à ramener son personnel dans les bureaux, se promène pour menacer, on a donc décidé de quitter parce qu’on a estimé que les conditions n’étaient pas favorables au travail », explique le porte-parole du personnel, Mamadou Ouattara.

Lorsque nous passions aux environs de 11h, un Pick-up de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) était stationné devant l’institution, deux policiers assis sur des chaises à l’entrée principale et d’autres dans le véhicule.

Des réformes au goût amer

La panafricaine de l’eau, EAA, précédemment connu sous le nom de CREPA, a entamé des réformes depuis 2011. Ces réformes sont achevées, mais, l’institution se trouve aujourd’hui dans une « situation financière catastrophique ». Au point que certains agents n’ont pas perçu leur salaire depuis plusieurs mois. Ce, « malgré tous les efforts de mobilisation de ressources financières que nous faisons, malgré toute l’expertise dont nous disposons au Burkina et à travers tout le contient », regrette Mamadou Ouattara, le porte-parole du personnel. Egalement, de nombreux cadres viennent et repartent, sans que les raisons de leur départ ne soient connues de tous, si l’on en croit le porte-parole du personnel. Entre 2011 et 2014, une trentaine de personnes auraient été, soit contraints de partir, soit licenciées, nous confie-t-on.

La lettre anonyme qui accable le secrétaire exécutif

Et, c’est dans cette phase d’interrogation qu’une lettre anonyme tombe le 18 juin 2014 pour alerter les employés. « Les projets sont mal gérés, les déficits budgétaires de EAA énormes, les démissions sont incommensurables, le personnel est humilié, les gens sont contraints de partir. Tout ça, à cause d’une seule personne. Aussi, dans la note anonyme, on nous apprend que cette personne à travers les réformes est président et secrétaire exécutif en même temps. Ça veut dire qu’il s’évalue lui-même. Financièrement, on nous a appris que l’institution a une dette qui court à peu près à 6 milliards de francs CFA », soutient Mamadou Ouattara.

Aussi les agents de l’institution ont souhaité la mise en place d’un délégué de personnel afin de discuter de la conduite de l’organisation. Ce qui aurait été refusé. C’est dire que ce mouvement va au-delà de la question salariale. « Si on laisse cet homme continuer à gérer de la façon qu’il a géré et qui nous a conduit à ce stade où on ne paie plus les salaires, peut-être que ce sera pire pour l’institution. Alors qu’elle est fondamentale pour le secteur de l’eau et de l’assainissement. C’est 35 pays membres, c’est une vingtaine de bureaux dans les pays et nous menons beaucoup de programmes avec des partenaires qui nous font confiance et avec lesquels même il ne s’entend plus personnellement. Donc, nous pensons que si nous le laissons sur cette voix, nous allons vers la perte pour l’institution pourtant c’est notre outil de travail et nous voulons la sauver », soutient l’une des grévistes. « Nous demandons un départ pur et simple du secrétaire exécutif et un audit externe indépendant », poursuit-elle.

Des textes taillés sur mesure pour une personne

Les agents précisent qu’ils ne remettent pas cause les réformes, mais regrettent qu’à travers ces réformes, tous les textes aient été taillés sur mesure pour un homme. « On ne peut pas concevoir qu’une institution de la taille de EAA soit laissée à la merci d’une seule personne. C’est lui qui gère, qui propose, qui fait et qui défait, c’est lui qui recrute et qui licencie qui il veut, c’est lui qui décide de lever l’immunité de l’institution pour aller prendre de l’argent en banque… Dans la dynamique de la réforme, il a fait enlever le conseil d’administration et l’a fait remplacer par un comité consultatif technique qui a maintenant un rôle purement consultatif ».

Le mouvement devrait se poursuivre ce jeudi par une marche des agents, avec comme point de chute le ministère de l’eau et des aménagements hydrauliques.

Nous avons essayé d’avoir la version du secrétaire exécutif, sans succès. Personne n’a daigné décrocher l’interphone de son bureau. Pourtant, nous l’avions aperçu, entre temps, dans la cour de l’institution, le téléphone à l’oreille.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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