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Luc Adolphe Tiao : « Nous avons aujourd’hui comme mode de gouvernance de garder le contact avec les populations »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Luc Adolphe TIAO, Premier ministre • • lundi 4 février 2013 à 17h18min
Luc Adolphe Tiao : « Nous avons aujourd’hui comme mode de gouvernance de garder le contact avec les populations »

Après le Centre-nord, le Premier ministre Luc Adolphe Tiao a mis le cap sur la Région du Sud-ouest dans le cadre de sa tournée à la rencontre des populations. Comme dans cette première Région, l’objectif du Chef du gouvernement est le même, celui de toucher du doigt les réalités quotidiennes des populations locales et leur exprimer les attentes de son gouvernement. Dans ce sens, et avant Gaoua Chef-lieu de la Région du Sud-ouest, ce sont les Chefs-lieux des provinces du Ioba, de la Bougouriba et du Noumbiel qui ont reçu la visite du 1er au 02 février 2013, du Premier ministre. A Dano, Diébougou, et Batié Luc Adolphe Tiao a été chaleureusement accueilli par l’ensemble des couches sociales de ces provinces.

La stratégie du Premier ministre dans toutes ces localités a consisté à rencontrer prioritairement les autorités coutumières et religieuses. Avec elles, Luc Adolphe Tiao à échangé sur la paix. Il a, en effet, saisi l’occasion pour leur traduire la reconnaissance de son gouvernement pour les efforts qu’elles consentent jusque-là dans le maintien et la préservation de la paix au sein de leurs communautés religieuses respectives, et au profit de la société en générale.

A chaque occasion, le Premier ministre a invité ces leaders d’opinion à plus d’engagement non seulement pour la bonne cohabitation interreligieuse, mais surtout pour la culture de la paix sociale. Invite leur a également été faite de travailler à inculquer en la jeunesse particulièrement, des valeurs cardinales d’intégrité pour plus de civisme. « Il faut que les valeurs civiques soient promues dans nos écoles et lycées », a lancé Luc Adolphe Tiao.

Ces autorités coutumières et religieuses ont, à leur tour, exprimé leur gratitude au Chef du gouvernement pour la considération observée à leur égard. Elles ont également saisi l’occasion pour exposer au Premier ministre les difficultés auxquelles sont confrontées leurs communautés respectives. Il s’agit entre autres de problèmes qui handicapent l’opérationnalité de centres de santé, de problèmes d’eau potable, de courant, d’infrastructures routières et hydrauliques, d’encadrement des activités d’orpaillage anarchique. Après avoir salué et remercié le Chef du gouvernement pour ce cadre d’échanges, Mgr Der Raphaël Dabiré, évêque du diocèse de Diébougou, a relevé entre autres l’insuffisance des capacités du CMA face aux besoins de santé des populations, l’orpaillage anarchique avec ses multiples corolaires néfastes. Mgr a également émis le vœu de voir construit enfin, le barrage hydroélectrique de la Bougouriba et dont la première pierre a été posée en 1998. L’occasion a aussi été celle pour Mgr Dabiré de traduire l’engagement des autorités religieuses de la province à l’observation de la tolérance et de la cohabitation pour, dit-il, « éloigner le spectre de l’insécurité », car « une des conditions d’un Burkina émergent est la sécurité des personnes et des biens ». En effet, dira Mgr de vive voix au Premier ministre, « les autorités religieuses de la province vous assurent de leur disponibilité quant à la paix et au développement du Burkina Faso et de notre province ».

« L’orpaillage constitue un fléau, puisqu’il crée plus de problème qu’il n’en résout du fait de la manière dont il s’opère », a entendre le Premier ministre qui a demandé la contribution des leaders d’opinion et des parents pour y mettre fin. Il a, au passage, indiqué que son gouvernement réfléchira à son encadrement pour qu’il ne soit pas source de malheur dans les familles du fait de l’enrôlement d’élèves qui du coup, abandonnent les études.

A la suite des autorités coutumières et religieuses, ce sont les populations dans leur diversité qui reçoivent le Premier ministre. A toutes ces populations, Luc Adolphe Tiao dira « Nous avons aujourd’hui comme mode de gouvernance, de garder le contact avec les populations » pour toucher du doigt leurs réalités.

Au nom des populations de Dano, de Diébougou, et de Batié, les Maires de ces Communes ont exprimé les difficultés, avec quelques particularités près d’une Commune à une autre, qui existent. Il s’agit, comme l’ont à chaque occasion relevé précédemment les autorités coutumières et religieuses, le problème d’eau, de santé, d’emploi, d’orpaillage, d’électricité, de voies et de ponts. Tandis que le maire de Dano relève le manque d’eau courante, de couverture de la Commune par la RTB, l’insuffisance des capacités du centre médical, le manque de voies bitumées pour plus de désenclavement de sa Commune, le maire de Diébougou lie le retard de la sienne sur le plan économique notamment, au manque de barrage. Ce dernier a saisi l’occasion pour demander la construction d’un barrage hydroélectrique dans la Bougouriba, telle qu’annoncée depuis 1998, avant « de soulever la question brulante de l’heure qu’est l’orpaillage » et de souhaiter « voir élaboré un cadre juridique adéquat qui devra régir l’exploitation minière dans toutes sa plénitude ». Le maire de Dano a quant à lui, demandé le bitumage de la route Dano-Koper longue d’une trentaine de Kilomètres. A Batié, c’est le manque de centrale thermique de la SONABEL, mais aussi le bitumage de la voie Gaou-frontière avec la Côte-d’Ivoire en passant par Batié, qui sont des préoccupations saillantes, et à la demande de solutions auxquelles les populations ont vivement applaudi. Il a en outre demandé la construction d’un barrage sur le fleuve Mouhoun après le village de Zindi.

Les centres de santé de chacune de ces localités ont également fait l’objet de visite par le Chef du gouvernement. Au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Dano, il a rendu visite à une dame qui a accouché de jumeaux (deux garçons) au petit matin du 1er février, jour de sa visite. Et après avoir fait le tour de tous les services du CMA, le Premier ministre dit avoir noté un manque de matériels adéquats, de salles d’hospitalisation, et de spécialistes dans divers domaines de la médecine, comme d’ailleurs c’est le cas dans la presque totalité de nos centres de santé. A Diébougou et à Batié, Luc Adolphe Tiao relève la vétusté des bâtiments, en plus des difficultés techniques en termes de personnels et de matériels spécifiques. « Il nous faut une politique volontariste pour réhabiliter les hôpitaux au Burkina Faso », a indiqué le Premier ministre.

Des infrastructures éducatives et de recherches ont aussi accueilli le Chef du gouvernement dans le cadre de cette visite dans la région du Sud-ouest. A Dano, un centre préscolaire ainsi qu’un centre de formation et de recherches scientifiques tous deux réalisés par la Fondation Dreyer, ont été visités. Bâti sur une superficie de 4 ha, le centre d’éveil et d’éducation préscolaire, compte 9 classes de 30 élèves chacune avec égalité de sexe, et d’âges compris entre trois et cinq ans. Et l’acceptation des inscriptions dans ce centre obéit au respect de différents pourcentages, 10%(gratuit) pour les orphelins, 40% pour les enfants dont les parents n’ont pas de revenus à intervalles réguliers mais qui paient 14 500 FCFA. Les salariés, à qui 50% des places reviennent, paient plus de 50 000FCFA. En plus de ce centre dans le domaine de l’éducation, la fondation Dreyer a rénové le Lycée de Dano et construit deux écoles primaires.

Au Centre de formation et de recherches de la Fondation Dreyer, du nom d’un architecte Allemand Dreyer qui l’a créé il y a 15 ans, Luc Adolphe a pu apprécier l’ingéniosité des chercheurs. Le développement économique basé sur l’agriculture, l’éducation, et la recherche pour un développement autonome et durable de Dano, sont, à en croire Dr Philippe Arnold, Secrétaire général et délégué pour l’Afrique de la Fondation Dreyer, les trois piliers sur lesquels M. Dreyer a bâti son intervention à Dano. Dr Arnold précise que le centre accueille des chercheurs de plus de 70 pays du monde, et que l’envie des responsables du centre est de travailler à la relève par des Burkinabè. Ce centre de recherche dispose de 22 ha de périmètres irrigués et de 87 bas-fonds qui l’entourent et où 600 paysans travaillent. Il dispose également d’un barrage de 800 000 m3.

Ce 2 février 2013 a également été celui de l’inauguration par le Premier ministre de l’école primaire publique de Babra /Zouolo créée en 2000 par une Italienne, Rossela Segreto Annigoni. C’est une école de cinq classes qui compte à ce jour, 189 élèves dont 87 filles. Avec 31 élèves présentés au CEP 2011-2012, l’école a enregistré 30 admis dont 24 à l’entrée en classe de 6è. A l’issue de la cérémonie d’inauguration, le Premier ministre dira que « l’éducation constitue toujours pour nous une priorité, elle est la base de notre développement, et c’est pourquoi nous devons la soutenir de manière forte. Nous devons aussi avoir la reconnaissance pour les personnes qui nous accompagnent. Je repars d’ici confiant que le Burkina Faso est un pays qui avance et conscient aussi qu’il y a beaucoup de défis à relever surtout pour les zones qui sont enclavées et qui sont situées très loin de centres urbains ».

Avec cette école, Rossela Segreto Annigoni dit avoir satisfait à une doléance qui lui a été soumise par les femmes de Babra/ Zouolo. « Je vais continuer à les aider », a confié Mme Annigoni toute émue en précisant qu’elle offrira un forage à cette école, un collège et un dispensaire avec l’accord des autorités burkinabè.

Dans son discours lu par son collègue des Droits humains et de la promotion civique, le ministre de l’Education nationale a invité les parents à envoyer leurs enfants à l’école tout en indiquant qu’il revient à chaque acteur de cette école de jouer pleinement sa partition. Elle a vivement salué l’initiative de Mme Rossela Annigoni et lui a exprimé ses encouragements dans son élan de bienfaiteur.

A Dissin où le Premier ministre a passé sa première nuit dans le cadre de cette tournée, des autorités coutumières et religieuses ont été reçues en audiences.

Fulbert Paré

Lefaso.net

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