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Inondations du 1er septembre. Un mois après : "Nous avons droit à un repas par jour", se plaignent des occupants des sites

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Inondations au Burkina • • lundi 5 octobre 2009 à 02h33min

Plus d’un mois après les inondations et plus d’une semaine après le redéploiement des sinistrés sur de nouveaux sites d’accueil, l’ambiance sur ces lieux est morose. Un tour sur les sites de l’hippodrome et de l’Institut national de la jeunesse, de l’éducation physique et sportive (INJEPS) nous a permis de faire ce constat.

Il est 16h, le mercredi 30 septembre 2009, quand nous arrivons sur le site d’accueil de l’hippodrome. Les femmes chargées de la cuisine s’apprêtent pour le repas du soir. D’autres s’adonnent à la lessive. Ce qui frappe à première vue d’œil, c’est que la majorité de femmes "se cherchent" à l’ombre des tentes.
"Impossible de dormir sous celles-ci car la chaleur est accablante", nous confie une dame qui venait de se relever, surprise. Ce site est divisé en quartiers, subdivisés en zones et chaque zone a sa responsable à la cuisine. Aminata Nikièma est responsable d’une des nombreuses sections de cuisine dans le site de l’hippodrome. Elle perçoit dix mille (10 000) francs CFA par jour pour les condiments. Cette section nourrit plus d’une centaine de personnes. Personne ne se plaint.

Tout semble bien aller. "Nous sommes bien traités, nous mangeons bien, je suis contente de ma vie ici", se réjouit une dame. Pour certaines également, repartir n’est pas l’idée la bienvenue. Car craignant de nouvelles inondations. Elles s’en remettent aux autorités et leur demandent d’aménager un autre lieu pour eux. Le site de l’hippodrome enregistrer 5344 sinistrés. La consommation globale journalière est estimée à environ une tonne et demie (1,5 tonne) de riz. Ces gens venant d’horizons divers, les différends, il en existe. Une cohabitation pas toujours facile. Mais cela n’entrave en aucun cas la bonne gestion de ce site, selon le responsable de la gestion, Ninda Kaboré. La principale difficulté reste la disparition d’enfants. En effet, les adultes eux-mêmes ont des difficultés à retrouver leurs tentes, n’en parlons pas des enfants.
"Chaque jour, on nous conduit quatre à cinq enfants égarés et nous nous chargeons de retrouver leurs parents", note Ninda Kaboré.
Pour ce qui concerne la rentrée scolaire certains parents ne savent pas le sort réservé à leurs enfants à l’aube de cette rentrée.
Le responsable du site indique qu’un recensement a été fait et des classes ont été dressées. Ceux qui ne pourront pas rester sur le site pour fréquenter pour cause de manque de classes ou d’effectifs pléthoriques iront dans les écoles environnantes. Benjamin Tarbagdo est élève en classe de 1ère.

Il dit n’avoir pas été recensé parce que ce jour-là, il était en ville pour un travail de vacances. Il compte se faire recenser auprès des responsables. Quant aux enfants de Aminata Nikièma, ils resteront dans leurs anciennes écoles et logeront chez les voisins.
L’idée de repartir construire, germe chez certains sinistrés. D’autres seraient repartis pour tenter de viabiliser leurs terrains détruits. Les voisins des sinistrés n’éprouvent aucune difficulté quant à la cohabitation avec leurs nouveaux voisins. Ils trouvent même des amis parmi eux. A l’image de Bassirou Zougri, qui dit être fier d’avoir des amis parmi ces sinistrés et collabore bien avec eux. Sur le site de l’INJEPS, la principale difficulté réside dans la nourriture. Si à l’hippodrome, cela n’existe pas, ici et dans d’autres zones, les sinistrés n’ont droit qu’à un repas par jour et à midi.

Daouda Soré est dans une de ces zones. "La nourriture n’est pas bonne et elle n’est pas aussi abondante. Nous mangeons à midi seulement", note-t-il. Une femme assise à ses côtés, nous parle en ces termes "Le matin et le soir c’est la "chose" des Américains-là, tu manges et tu as la diarrhée", "la chose des Américains" n’est d’autre que le blé.
Et une autre de dire que les femmes chargées de la cuisine ne sont pas honnêtes car n’utilisant pas tout ce qu’on leur donne pour acheter les condiments. La responsable d’une des cuisines incriminées refusant de donner son nom, s’explique. Elle commence par dire que : "Affaire de Sidwaya-là, nous on a peur dèh. Nous percevons six mille francs par jour pour les condiments. C’est dans ça que nous payons le bois, l’huile, la viande ou le poisson…pour un repas de 249 personnes, c’est difficile".
Le maire de l’arrondissement de Baskuy qui nous a trouvé sur les lieux nous explique que l’argent est donné en fonction de la taille des quartiers, des zones.

Le problème de la rentrée se pose également sur ce site. Une école de trois classes est dressée. Les autres iront dans les établissements des environs, nous explique le président de la gestion du site, Edgard Compaoré. La rentrée des classes était prévue pour le 1er octobre et le gouvernement avait annoncé que toutes les écoles seront libérées. A l’école Koubri Namanéguéma, ce n’est pas le cas. Les sinistrés étaient toujours là le 2 octobre aux environs de 10h. Ces sinistrés consomment en moyenne six sacs de riz par jour et trente mille francs CFA par jour pour les condiments pour environ cinq cents soixante seize (576) personnes, le soir et plus de mille personnes à midi. Cette différence est due au fait que certaines personnes retournent loger chez des voisins ou parents mais reviennent à midi pour le repas. Sur ce site également, des tentatives de retourner reconstruire sont signalées.

Concernant le plan sécuritaire, des plaintes de vol sont également signalées mais sans suite. Sur l’ensemble de ces différents sites qui accueillent les sinistrés, au plan sanitaire, les plaintes sont les mêmes. Les maux de ventre, de diarrhée qui persistent…Des agents de la santé qui sont sur les lieux ont refusé de s’exprimer prétextant une interdiction venant de leurs responsables. Une infirmière a pu nous jeter ces mots sur un des sites : "Yeux voient, mais bouche ne parle pas". Malgré notre insistance, elle n’a pas voulu nous expliquer ce qu’elle a voulu dire.
La sécurité également sur place n’a pas voulu nous expliquer quelles sont les différentes plaintes enregistrées et comment cela est géré. Les agents nous réfèrent à leur hiérarchie.

Valentin W. COMPAORE (Valentin.compaoré@yahoo.fr)

Sidwaya

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