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Affaire Norbert ZONGO : Pour que justice soit faite

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Norbert Zongo • • jeudi 24 août 2006 à 07h43min

Norbert Zongo

La Chambre d’accusation de la Cour d’appel vient de confirmer l’ordonnance de non-lieu prise le 18 juillet 2006 par le juge d’instruction Wenceslas ILBOUDO en faveur de l’ex-adjudant chef Marcel KAFANDO, dans l’affaire Norbert ZONGO.

« Contrairement à ce que certains pensent, lorsqu’il y a un non-lieu, le dossier est déposé au greffe du tribunal jusqu’à ce qu’il y ait une charge suffisante et il peut être repris » a répété une fois de plus le procureur général, Abdoulaye BARRY. Loin d’être donc un retour à la case-départ comme le soutiennent certains, le dossier Norbert ZONGO a seulement pris une autre tournure pour ne pas dire une autre dimension où seule une réponse diligente de l’appel à témoin lancé par le procureur du Faso pourra aider la justice dans sa quête pour la manifestation de la vérité.

Selon le procureur général, « s’il y a un témoignage quelconque ou des faits qui sont de nature à renforcer les charges soit contre Marcel KAFANDO, soit contre toute autre personne, l’affaire peut resurgir... ». En la matière, la loi fixe un délai de 10 ans pour qu’il y ait prescription. C’est dire qu’avant l’expiration des 10 ans, Marcel KAFANDO ou tout autre personne peut être attrait devant la justice si des témoignages ou des faits le confondent. Alors, le dossier Norbert ZONGO sera réouvert.
Ces appels répétés du procureur général ne devaient pas laisser insensible toute personne susceptible de faire relancer le dossier.

Nous-nous faisons le devoir de reprendre en écho ces appels et disons qu’il serait cynique et diabolique qu’un citoyen ait des preuves, des témoignages quelconques , en tout cas des faits de nature à faire avancer le dossier et qu’il décide de ne rien faire ou de ne rien dire. Ce citoyen-là n’aime pas la justice, il n’aime pas son pays et pourrait même être considéré comme un apatride. Le temps presse et manifestement, l’heure n’est plus aux hypothèses et autres suppositions farfelues même si l’on sait qu’elles sont souvent la substance nutritive d’acteurs au projet politique non décliné mais ne faisant l’ombre d’aucun doute. Ne dit-on pas que nous sommes dans un pays de savane où tout se voit et se sait ?

Chaque Burkinabé devra faire sien le combat pour l’aboutissement à la vérité dans le dossier Norbert ZONGO. Ce qui suppose de se libérer mentalement en se départissant des idées préconçues et autres influences néfastes subies pour ne s’en tenir qu’aux faits. Pour cela, le décryptage des travaux de la CEI qui a préféré balayer du revers de la main certaines pistes pourtant prometteuses pour ne se focaliser que sur des « suspects sérieux » ne serait pas de trop même si en son temps nous avions partagé avec vous nos réflexions et recherches. De même, il ne serait pas superflu de se reposer la question primaire de l’enquêteur, « à qui profite le crime ? » Cette question replacée dans le contexte de la survenance des faits et de l’ensemble des conséquences que ceux-ci ont engendrées peut avoir toute son importance.

L’intention ici n’est pas de refaire l’histoire de l’affaire Norbert ZONGO mais il était nécessaire de montrer qu’à l’entame, les ingrédients étaient réunis pour que la justice aille droit dans le décor et comme l’ont dit beaucoup qui ont essuyé, l’ire de certains, cette affaire n’a que trop duré non pas que nous voudrions que l’impasse soit faite mais plutôt qu’elle reste l’affaire judiciaire qu’elle est afin que le peuple burkinabé retrouve toute sa sérénité.

Voilà pourquoi nous pensons que le moment pour nous journalistes et hommes de presse n’est plus aux rumeurs et aux écrits « enflammés » avec comme seul fil conducteur l’éternel phrase « selon des sources concordantes ou généralement bien informées ». Justement, ce sont de ces sources concordantes, généralement bien informées ou dignes de foi dont a besoin le dossier et que la justice veut entendre.

Si ces « sources bien informées » s’étaient courageusement manifestées auprès du juge Wenceslas ILBOUDO, nul doute que le dossier aurait connu une autre issue.
Dans cette occurrence, nous ne pouvons qu’encourager les « journalistes d’investigations » qui ont déjà fait la preuve de leur « efficacité » en rencontrant des « personnes crédibles » à expliquer à ces dernières la nécessité pour elles de témoigner pour la manifestation de la vérité à moins qu’elles ne soient pas aussi crédibles qu’on voudrait nous faire croire.

Avoir peur pour leur sécurité, c’est encore prêter des intentions malveillantes au juge et douter de l’efficacité et de la compétence des hommes du ministre Djibril BASSOLET qui pourtant, lorsque appel à secours leur a été fait, ont pu empêcher que ne soient occis des hommes politiques qui se disaient menacés et encore, ont permis d’éviter une autre affaire qui n’aurait pas été des moins dramatiques si le nouveau Directeur Publication de L’Indépendant voyait sa plume « mourir » et bien sûr lui-même avant, après qu’il eût passé une nuit des plus effroyables dans les chiottes ! C’est sûr, Liermé SOME ne dira pas le contraire lui qui, après avoir écrit qu’il était menacé de mort a eu droit à une protection rapprochée pendant plusieurs semaines. En vérité, nous le croyons sincèrement, cette question de sécurité des témoins est un leurre.

On comprend mal que des « personnes crédibles » aient le courage de s’ouvrir à des journalistes sur des questions qui peuvent leur coûter la vie sur la seule garantie que leur anonymat sera scrupuleusement préservé et refusent de se présenter au juge d’instruction. C’est en tout cas un honneur fait aux journaux si l’on reconnaît que dans leurs rédactions la sécurité est de rigueur même si on pense souvent qu’on peut y entrer comme dans un moulin.

C’est tout autant d’honneur fait aux journalistes surtout aux confidents des témoins alors même qu’ils sont d’une régularité de métronomes dans les salons feutrés des puissants de ce pays et dans ceux lambrissés des chancelleries : comment peuvent- ils ne pas pouvoir assurer leur sécurité ou comment peuvent-ils susciter tant de confiance.

Non ! Soyons sérieux ! Des « personnes crédibles » dans cette affaire Norbert ZONGO qui préfèrent la protection de journalistes à celle des forces de sécurité républicaines c’est dire qu’on nagerait en plein paranoïa. Dans tous les cas, sans des faits nouveaux et autres témoignages, le dossier au greffe ne bougera pas. D’où la nécessité pour tout citoyen qui peut le faire « bouger » par ses témoignages, ses preuves, ses témoins... de se mettre au-dessus de la mêlée, en se rendant à la justice. Au moins que quelqu’un essaie !

Nous sommes convaincus qu’aujourd’hui, tout Burkinabé épris de paix et de justice souhaite vivement que justice soit rendue à Norbert ZONGO et ses compagnons d’infortune du 13 décembre 1998. Alors, au-delà d’œuvrer pour la justice, il faut rendre service à son pays, le Burkina Faso pour que le dossier Norbert ZONGO ne soit pas enterré de fait. Tôt ou tard, la vérité jaillira. Mais aujourd’hui serait préférable !

Par Ben Alex Béogo

L’Opinion

P.-S.

Lire le dossier :
Affaire Norbert Zongo

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