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Norbert Michel Tiendrébéogo : quel avenir politique ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • vendredi 25 novembre 2005 à 08h10min

Norbert Tiendrebeogo

SANKARA, le héros de la Révolution d’août, se vend-il bien ? On peut en douter même si pour certains les deux « grandes figures » de l’échiquier politique du Faso qui officient en son nom n’ont pas fait piètre figure à l’élection présidentielle qui vient de livrer son verdict.

Le premier, Me SANKARA, est arrivé 2e avec 4,94% des suffrages, quant à Michel Norbert TIENDREBEOGO, le second, les 1,60% de voix recueillies donnent à réfléchir. Quel commentaire peut-on faire de ce résultat ? Quel peut être l’avenir politique de l’homme ? Autant de questions que nous avons tentés d’analyser.

Tous les candidats sont aujourd’hui situés sur les résultats de l’élection présidentielle. Et à moins d’un tremblement de terre, ou d’un tsunami, il est certain que le Conseil constitutionnel déclarera Blaise COMPAORE président du Faso pour les 5 prochaines années ; une chose est sûre, les résultats reflètent la réalité du terrain et sont la vérité des urnes. On ne le dira jamais assez, l’opposition n’a pas fait le poids à ce rendez-vous, elle qui était incapable de convaincre les Burkinabè de la pertinence des projets de société de ses mentors.

Norbert Michel TIENDREBEOGO, tout comme bon nombre d’opposants, est parti à ce scrutin pour mesurer sa notoriété au plan national. Sankariste pur et dur, il fallait qu’il se positionne par rapport à Me SANKARA de l’UNIR/MS pour « éclairer » une fois pour toute la représentativité dans le mouvement. Aujourd’hui cela est chose faite mais malheureusement pour lui, à son détriment. Qu’est-ce qui peut motiver cette débâcle électorale du candidat du FFS ?

Outre le handicap de la non-implantation du parti sur toute l’étendue du territoire national, le manque de moyens, les querelles de leadership et la perte de vitesse du sankarisme qui ne mobilise plus foule comme cela était le cas il y a plusieurs années sont à l’origine du naufrage du candidat et son parti à cette élection. A tout cela, il faut ajouter le langage peu orthodoxe qu’emploie Norbert Michel TIENDREBEOGO qui est souvent en déphasage avec les réalités des populations.

Le candidat de la jeunesse qu’il se proclame ne s’est pas adapté aux réalités et au contexte dans lequel vivent aujourd’hui les jeunes. L’homme n’a pas tenu compte du fait que beaucoup de jeunes qu’il tente d’avoir à sa cause n’ont pas vécu les moments de ferveur de la Révolution d’août encore moins n’ont connu le président SANKARA. Il faut dire que cela fait déjà 18 ans son épopée s’est terminée et que les jeunes de 18 à 25 ans qui sont une grande frange de l’électorat, n’ont connu celle-ci que par des cours d’histoire ou des ouie dire.

C’est pourquoi le candidat Norbert Michel TIENDREBEOGO, qui n’a pu se créer un nom par quelque opportunité que ce soit, ne pourrait espérer damer le pion à l’autre dont le métier et même le patronyme ont été des atouts majeurs. Le candidat du FFS aurait-il compris cela que son discours, empreint de haine pour le régime en place et notamment pour son président dont justement ces jeunes perçoivent mal le crime dont on les accusent, aurait été mieux pensé et moins belliqueux ou vindicatif au point de plutôt faire peur à plus d’un.

Au regard de ce résultat peu reluisant pour le candidat Norbert Michel TIENDREBEOGO, l’on est en droit de se demander si le Sankarisme se vend toujours bien ou si le problème réside dans l’homme lui-même. Il appartient donc au candidat de prendre la mesure de la situation avec objectivité et de tirer toutes les conséquences de ce verdict du peuple, de se poser les bonnes questions afin de mieux définir son avenir politique.

Les perspectives restent cependant bonnes pour Norbert TIENDREBEOGO eu égard à son comportement tout au long du scrutin. Le résultat final, s’il n’est pas bon, ne devra outre mesure pas faire rougir l’homme car il a pu devancer plus d’un de ces leaders politiques qui prétendent compter au Faso. Si le travail de mobilisation se poursuit convenablement, il n’y a pas de doute qu’il pourra capitaliser ses efforts aux municipales à venir. N’est-ce pas d’ailleurs en réalité l’objectif visé ?

Par Frédéric ILBOUDO
L’Opinion

P.-S.

Voir notre dossier :
Présidentielle 2005

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